Beni : les journalistes d’Oicha décrètent une « journée sans informations » pour dénoncer l’attaque d’une radio locale

Réunis au sein de leur corporation,  les journalistes et les responsables des médias du territoire de Beni ont décrété, mardi 10 septembre 2019, la journée de ce mercredi 11 septembre « Journée sans informations » sur toute l’étendu de ce territoire situé au nord de la province du Nord-Kivu. La décision a été prise à l’issue d’une Assemblée générale tenue dans la salle de réunions de la radio Moto Oicha au lendemain de l’attaque perpétrée sur les installations de la radio du Peuple Oicha, une radio communautaire musulmane émettant au quartier MASOSI à OICHA. 

L’objectif est, selon l’esprit de la déclaration issue de cette assemblée générale, de pousser les autorités à tous les niveaux à avoir désormais un œil vigilent sur la sécurité des journalistes et des médias de ce territoire où les rebelles ADF sont très actifs.

Selon les témoignages recueillis, c’est autour de 19h45 que trois hommes armés vêtus en tenu militaire de couleur verte ont pris d’assaut la résidence du directeur de la radio du Peuple OICHA, ISSA MUSANGO MWANAWEKA, située au quartier Masosi.

« Ils se sont livrés aux intimidations et au tabassage de ceux qui étaient dans la parcelle parmi eux,  l’épouse du directeur qui a été giflée à maintes reprises par ces inciviques qui exigeaient de l’argent et de batteries. Là ils ont emporté deux batteries de 16 ampères chacune. Comme si cela ne suffisait pas, ces bandits armés se sont dirigés quelques minutes après aux installations de la radio qui se situent à moins 700 mètres de la résidence du directeur de la radio. Ils se sont introduits dans la chambre technique où ils ont tabassé le technicien qui y était », décrie la déclaration faisant référence aux témoignages du directeur de la radio visitée.

Alors que la radio émettait, poursuit le document,  « ces hors-la-loi ont débranché la machine ordinateur qui contient tous les programmes de la radio réduisant celle-ci au silence. Ils ont emporté un poste radio MP3 et dont un smart-phone appartenant aux journalistes et techniciens qui étaient en charge. C’était avant d’extorquer un autre ordinateur qui était dans la salle de rédaction. Après le forfait ces inciviques sans être inquiétés se sont vite volatilisés dans la nature ».

Notons également que peu avant lundi, c’est-à-dire, le dimanche 8 septembre, les mêmes bandits armés vêtus  en uniforme militaire sont arrivés dans les installations de la même radio au motif qu’ils voulaient salués ceux qui y étaient. Le jour là, ils sont repartis sans rien emporter.

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