Oicha : les déplacées de guerre et les écoliers se partagent les salles de classe au mépris de leur santé

Une semaine après la rentrée scolaire  2019-2020 en République démocratique du Congo, les déplacées de guerre qui avaient fuit les massacres perpétrés par les rebelles ADF dans leurs villages au nord du territoire de Beni occupent toujours les salles de classe dans certaines écoles de la sous-division de l’EPSP OICHA en territoire de Beni.  Alors qu’au niveau étatique, aucune initiative n’est envisagée pour évacuer ces familles vulnérables, les chefs d’Etablissements, eux,  se plaignent de mauvaises conditions causées par la présence de ces déplacées dans leurs écoles.

C’est un climat de méfiance qui règne le plus souvent dans ces écoles entre les écoliers et ces déplaces de guerre. Les uns accusent les autres d’être à la base des casses enregistrés, soit sur les objets classiques, soit  sur les biens de déplacés. Ecoliers et déplacées de guerre se remplacent chaque  jour dans les salles de classe. 

« Chaque matin les déplacées de guerre sont obligés de faire sortir leurs objets qu’ils vont utiliser au courant de la journée.  Alors, au moment où ils reviennent dans les classes à la fin des cours, il arrive qu’ils trouvent leurs objets déjà abimés ou cassés et ils imputent ça aux écoliers », raconte le directeur adjoint de l’école primaire MWANGAZA.  

« Les conséquences sont énormes », ajoute un autre chef d’établissement.

« Il y a des saletés à tout moment dans les salles de classe, même dans la cours de l’école.  Imaginez quand ils y passent les nuits entières avec leurs enfants, et des urines partout, ça dégage des odeurs nauséabondes », se lamente Monsieur MWATSI, préfet de l’Institut MABALAKO.

Au niveau du service des affaire sociales, on se limite à faire le plaidoyer auprès des partenaires qui, selon madame NEPANEPA Marie Doxie, chef de service, pose de principe de sélection.

Un site de déplacées a déjà été aménagée à l’Ouest d’OICHA, partie aussi récemment menacée par l’insécurité. 

Pour les chefs d’établissement, l’aménagement des sites de déplacées n’est pas la solution, la solution c’est le retour de la paix dans leur zone de provenance.

« C’est question de sécuriser leurs milieux de provenance pour qu’ils rentrent chez eux, c’est la seule chose que nous demandons au gouvernement », ajoute ce préfet des études. 

C’est plus d’une centaine de familles qui font face à cette situation. Elles sont majoritairement composées des hommes et des femmes.   

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