Beni : le village fantôme de MUKOKO, le symbole du début de massacres perpétrés par les ADF

C’est dans ce village situé à environ 6Km au Nord d’Oicha-centre où les premières victimes de massacre de Beni étaient sauvagement exécutées par les rebelles ougandais ADF. Aujourd’hui, cinq ans après, MUKOKO est devenu est véritable fantôme. Mais ses nombreux habitants gardent encore des souvenirs d’un village où ils faisaient bons vivre. 

Situé le long de la route nationale numéro 4, le village de Mukoko n’a plus d’occupants. Les maisons d’habitations couvertes de brousse, des sentiers menant vers les champs en voie de disparaitre, des bâtiments d’écoles écroulés et d’autres habités par des rats, c’est l’image de ce village abandonné depuis 5 ans à cause de l’insécurité. Mais certains habitants, à l’exemple de cet homme, essaient de braver la peur. Il est arrivé le matin pour y entretenir son jardin, mais il reste prudent.

« Je viens d’Oicha pour mon champ et je vais rentrer. Nous cultivons le long de la route par crainte de l’insécurité en brousse. Il y avait ma maison ici, mais tout a été détruit à cause de la guerre. Voilà que c’est là ou nous cultivons désormais ».

Plus près à côté de lui, c’est un autre homme dans sa parcelle. Il garde encore les souvenirs.    

« Les massacres ont commencé, voici maintenant 5ans nous vivons toujours les mêmes massacres ici à MUKOKO. Les premières victimes s’appelaient J-P et AMOTI. Et depuis lors la sécurité n’est jamais rétablie ici. Nous ne pouvons plus accéder à nos champs plus loin, c’est seulement à 1km. On essaie de bricoler des petits jardins ici juste pour survivre ».

Traversée la route, à l’ouest c’est une position militaire. Mais pour cette femme venue à la recherche de bois de chauffe, la prudence est de mise. Impossible d’aller au-delà pour accéder à son champ alors qu’on a une importante famille à nourrir.

« Nous venons ici juste pour des travaux journaliers. Il nous arrive même de rentrer sans accéder à nos champs à cause de la peur. Plus loin là, nous n’y accédons plus. J’ai 12 enfants difficiles à nourrir. C’est juste par l’entretien des petits jardins, l’extraction de noix de palme au tour de nos jardins ».

La dernière annonce de l’armée, celle de relancer des nouvelles opérations militaires essaie de rassurer certains, mais d’autres peinent encore à y croire voyant à quoi ressemble désormais leurs maisons à Mukoko. 

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*