À l’occasion des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, une femme leader du territoire de Beni appelle à une large sensibilisation sur l’ordonnance-loi du 13 mars 2023 portant Code du numérique en RDC, afin de mieux protéger les femmes et les jeunes filles contre les violences en ligne.
Selon Jackie Kinahwa, de nombreuses femmes et adolescentes subissent du harcèlement sur les réseaux sociaux, souvent sans savoir que la loi les protège. Elle déplore le manque de formation sur l’usage sécurisé du numérique, une réalité qui, selon elle, expose davantage les femmes à la stigmatisation, aux abus et aux atteintes à leur dignité.
« Il y a encore une méconnaissance de la cyberviolence, parce que la gestion des téléphones ou du monde numérique est moins connue ici chez nous. Nous constatons que les gens ne savent pas comment utiliser l’Internet. On peut facilement envoyer, par exemple, les images ou les vidéos d’une femme ou d’une fille nue pour l’harceler. Et il y a beaucoup de choses qui se passent que les filles et les femmes ignorent. La mauvaise gestion de ce qu’elles ont en main les expose directement à toute manipulation possible », explique-t-elle.
Face à la montée des violences numériques, madame Kinahwa encourage les victimes à briser le silence, à dénoncer et à connaître leurs droits. Elle insiste sur la nécessité de vulgariser l’ordonnance-loi n°23/010 du 13 mars 2023, qui consacre la protection des utilisateurs en ligne.
« Cette loi numérique, qui a été promulguée en 2023, qu’on appelle Code du numérique. Alors, ce code-là, nous voulons qu’il prenne un espace de sensibilisation auprès de la communauté. Aux victimes, il ne faut jamais envoyer les images ou les vidéos des femmes nues. Je conseille aussi aux femmes de ne pas donner leur mot de passe n’importe comment. Si l’on a été victime, il faut dénoncer auprès des leaders pour être protégé ou aidé », ajoute-t-elle.
Le rappel de l’article 359 du Code du numérique souligne la gravité de ces actes : toute personne reconnue coupable de harcèlement via un système informatique encourt une peine de un mois à deux ans de servitude pénale et une amende allant de 500 000 à 10 millions de francs congolais.
Placée sous le thème mondial « Tous unis pour mettre fin aux violences numériques faites aux femmes et aux filles », la campagne 2025 met en lumière un défi devenu central à l’ère du numérique : protéger les femmes contre les nouvelles formes de violence qui prolifèrent en ligne.
Laetitia Vusara.