La République démocratique du Congo veut faire de la gouvernance des ressources naturelles un levier de paix et de développement. Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, mercredi 22 juillet, la ministre congolaise des Affaires étrangères a appelé la communauté internationale à reconnaître le lien entre l’exploitation illégale des minerais et le financement des groupes armés. Elle propose, à cet effet, la création d’un Groupe des amis de la gouvernance des ressources naturelles afin de renforcer la transparence des chaînes d’approvisionnement mondiales.
C’est la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, qui représentait la RDC lors de cette séance du Conseil de sécurité des Nations unies. Dans son allocution, elle a rappelé que les richesses naturelles de la RDC continuent d’alimenter les violences dans l’Est du pays.
Selon la cheffe de la diplomatie congolaise, les minerais issus des zones de conflit financent les groupes armés au lieu de contribuer au développement des populations.
« Pour la République démocratique du Congo, cette question n’est ni théorique ni lointaine. Elle touche à notre histoire, à notre peuple et à notre avenir. Notre pays compte parmi les plus riches du monde en ressources naturelles. Et le bassin du Congo, l’un des principaux puits de carbone de la planète, constitue un patrimoine dont l’importance dépasse largement nos frontières. Pourtant, cette richesse s’est trop souvent transformée en vulnérabilité. Là où elle aurait dû financer le développement, elle a alimenté la prédation, la violence et l’instabilité. Dans l’Est de mon pays, la paix durable demeure indissociable de la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, du démantèlement des groupes armés, de l’assèchement de leurs circuits de financement et de la fin des réseaux qui permettent à des minerais issus des zones de conflit d’intégrer des chaînes d’approvisionnement mondiales », a-t-elle déclaré.
Pour Thérèse Kayikwamba Wagner, la gestion des ressources naturelles dépasse désormais les seuls enjeux économiques. Elle appelle les États à agir en amont contre les réseaux économiques qui alimentent les conflits afin que les richesses naturelles deviennent un véritable levier de paix, de sécurité et de développement.
« Chaque génération est appelée à répondre aux défis de son temps. La nôtre doit reconnaître que les ressources naturelles ne sont plus seulement un enjeu économique. Elles sont devenues un enjeu majeur de paix, de sécurité, de justice et de prospérité. Nous pouvons continuer à intervenir lorsque les crises ont déjà éclaté, ou nous pouvons agir en amont en nous attaquant aux économies de prédation qui les alimentent. Nous pouvons accepter que les ressources du XXIe siècle continuent de financer les conflits ou nous pouvons décider qu’elles financeront le développement, l’innovation et la dignité des peuples. Tel est le choix qui s’offre à nous, telle est la responsabilité qui incombe à notre génération. Les ressources naturelles ne doivent plus être les frontières de nos rivalités. Elles doivent devenir les fondations de notre sécurité collective », ajoute-t-elle.
À travers cette initiative, la RDC, qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité de l’ONU, propose la création d’un Groupe des amis de la gouvernance des ressources naturelles.
L’objectif est de réunir les États, les organisations internationales, les institutions financières, le secteur privé et la société civile pour renforcer la transparence des chaînes d’approvisionnement et empêcher que les ressources naturelles continuent d’alimenter les conflits armés.
Sam KITHA D.