Face à la persistance des attaques des rebelles ADF/MTM dans l’Est de la République démocratique du Congo, le journaliste d’investigation et spécialiste des questions terroristes, Nicaise Kibel’bel Oka, estime que la réponse militaire doit être adaptée au mode opératoire de ce groupe armé. Il plaide notamment pour un renforcement du renseignement et une implication accrue des communautés locales.
Selon lui, les ADF mènent une guerre asymétrique en opérant par petits groupes, sans uniforme, tout en se fondant dans la population. Cette stratégie leur permet de bénéficier de complicités locales, de guides et d’une bonne connaissance du terrain avant de passer à l’action.
« Pour les neutraliser, il faut adapter les opérations à leur mode opératoire, qui est la guerre asymétrique. Il faut surtout renforcer les renseignements, et ces renseignements ne peuvent être obtenus que par la population », explique-t-il.
L’expert recommande ainsi la mise en place de petites unités des FARDC spécialement formées aux techniques de la guerre asymétrique, capables de se déplacer rapidement et de traquer efficacement les combattants ADF dans les zones forestières.
Au-delà de l’action militaire, Nicaise Kibel’bel Oka insiste sur le rôle déterminant des populations locales. Il préconise un meilleur contrôle communautaire à travers les structures de proximité, notamment les Nyumba Kumi, afin de suivre les mouvements inhabituels des habitants et de prévenir les recrutements au profit des groupes armés.
Selon lui, les familles ont également un rôle essentiel à jouer en signalant les disparitions temporaires de jeunes qui partent en brousse avant de réapparaître, un phénomène qui pourrait, dans certains cas, être lié aux réseaux de recrutement des ADF.
Il estime enfin que cette collaboration entre les services de sécurité et les communautés contribuerait non seulement à démanteler les réseaux des ADF, mais aussi à freiner leur capacité de recrutement dans les provinces de l’Est de la RDC.
Jean-Claude Mbafumoja