La société civile du noyau de Mantumbi, dans le secteur de Beni-Mbau, territoire de Beni, appelle la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) à annoncer à l’avance ses mouvements dans cette partie du Nord-Kivu. Cette demande a été formulée ce mardi 20 janvier 2026 par Kasereka Kamate Adjos, président de la société civile locale, lors d’un entretien téléphonique accordé à Radio Moto.
Cet appel intervient après trois passages nocturnes successifs de casques bleus dans la zone. Selon la société civile, ces patrouilles menées sans communication préalable provoquent une psychose au sein de la population. Craignant une menace sécuritaire, plusieurs habitants des villages environnants ont été contraints de quitter leurs habitations pour se réfugier au centre de Mantumbi.
Kasereka Kamate Adjos déplore le manque de coordination entre la MONUSCO, les autorités locales et les forces de sécurité sur place. Il affirme que les casques bleus effectuent souvent leurs déplacements tard dans la nuit, à l’arrivée comme au départ, sans informer ni les responsables de la police locale ni les autorités administratives.
« La présence de la MONUSCO à Mantumbi suscite une vive inquiétude au sein de la population locale. En effet, leurs déplacements s’effectuent généralement tard dans la nuit, aussi bien à l’arrivée qu’au départ, sans qu’aucune communication préalable ne soit faite sur leur mission. Ils ne prennent pas le temps d’échanger avec les responsables de la police de Mantumbi ni avec les autorités locales. Cette situation alimente la peur et l’incertitude au sein de la communauté », a-t-il expliqué.
Le président de la société civile locale précise que lors de la première patrouille nocturne, plusieurs familles ont fui leurs domiciles pour se regrouper au centre du village, par crainte d’une attaque imminente. Il plaide ainsi pour une meilleure communication en amont afin de permettre aux leaders communautaires de sensibiliser et de rassurer la population.
La société civile de Mantumbi recommande également que les patrouilles de la MONUSCO se déroulent de préférence dans la journée. Selon elle, une communication régulière et une coordination renforcée entre les casques bleus, les autorités locales et les leaders communautaires contribueraient à apaiser les tensions et à améliorer la collaboration dans la lutte contre l’insécurité dans cette zone du territoire de Beni.
Mavingu Gerlance.