Beni : la société civile décrète l’incivisme fiscal pour obtenir le départ de la bourgmestre d’Oïcha

La société civile, noyau d’Oïcha, appelle les habitants à l’incivisme fiscal. Cette mesure concerne toutes les taxes relevant de la perception par le bureau de la commune. C’est l’une des décisions issues de l’assemblée générale tenue ce vendredi 17 octobre 2025 par les forces vives à Oïcha. Elles visent le départ de la bourgmestre en place, accusée de mauvaise gouvernance.

L’assemblée de la société civile, noyau d’Oïcha, s’est tenue dans la matinée dans la salle Grefamu et visait à mettre en place des actions pour exiger le remplacement de l’autorité à la tête de la commune d’Oïcha. Les délégués des composantes de cette structure citoyenne, conviés à la réunion, se sont mis d’accord pour que les habitants cessent, à partir du lundi 20 octobre 2025, de payer les différentes taxes perçues par la commune.

« Pour aujourd’hui, il s’agissait de voir comment accompagner cette décision de la population, issue de l’assemblée générale extraordinaire du mois passé. Aujourd’hui, nous avons adopté dans un premier temps une décision, celle de la suspension du paiement des taxes locales. Par exemple, la taxe de stationnement, la taxe d’entrée au marché, la taxe d’abattage, la taxe de parking : nous ne voulons pas que la population puisse payer. Car tout cela est motivé par un flou, une gestion opaque autour des recettes de la commune. Et nous pensons que notre argent ne peut pas être perçu chaque fois pour aller résoudre d’autres problèmes que ceux de la commune d’Oïcha », affirme Darius Syayira.

Et d’ajouter : « Nos frères taxateurs pour le compte de la commune d’Oïcha sont déjà prévenus et nous ne voulons pas les voir ce lundi-là au travail. Vous devez vous en abstenir parce que c’est une décision qui émane des composantes de la société civile. À la population : procurez-vous des sifflets au niveau du marché, aux abords des motards, partout… Si vous voyez ces taxateurs, il faut siffler, il faut les chasser parce qu’on ne voit pas la destination de cet argent. Et cela jusqu’au départ de la bourgmestre d’Oïcha. »

Les acteurs des forces vives ont ensuite été reçus par la délégation de l’inspection provinciale de la territoriale et du gouvernorat du Nord-Kivu, qui venait d’écouter l’autorité communale, dans le cadre d’une évaluation après une mission de contrôle il y a quelques mois. De cette nouvelle mission de contrôle administratif, la société civile dit attendre un rapport qui amènera au remplacement de la bourgmestre.

Depuis plusieurs mois, la société civile et certaines de ses composantes accusent la bourgmestre Kavira Mwenge Eugénie de mauvaise gouvernance à la tête de la commune. La pression pour exiger son départ s’est accentuée il y a quelques semaines.

Ce vendredi 17 octobre 2025, le journaliste de la Radio Moto Oïcha, qui cherchait à obtenir la version des faits de l’accusée, s’est vu demander de repasser le lundi.

Aussi, après sa mission ce jour à la commune, la délégation de l’inspection provinciale de la territoriale n’a pas voulu se confier à la presse.

Nganga Victor

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