Beni : les ADF s’appuieraient sur le café, le cacao et les minerais pour financer leurs opérations

Deux hommes lourdement armés. Ph. Tiers.

Les rebelles ADF/MTM disposeraient d’un système de financement diversifié qui leur permet de soutenir leurs activités dans l’Est de la République Démocratique du Congo. C’est l’analyse de Nicaise Kibel’bel Oka, journaliste d’investigation et spécialiste des questions terroristes. Selon lui, le groupe armé ne dépend pas uniquement des appuis extérieurs, mais s’appuie également sur plusieurs activités économiques.

D’après cet expert, les ADF tireraient une partie de leurs ressources du commerce du café, du cacao et des minerais. Ils s’appuieraient aussi sur un réseau de relais chargés de collecter et de commercialiser ces produits, ainsi que sur des circuits de contrebande, de commerce transfrontalier, des boutiques et des motards qui contribueraient au financement de leurs activités.

« Les ADF/MTM ont des financements. D’abord, ils sont dans le commerce : ils sont dans le café, ils sont dans le cacao. Ils ont des relais qui vendent pour eux, qui récoltent pour eux et ils reçoivent des financements de l’étranger. Quand vous voyez les étrangers venir leur enseigner la charia, ils apportent aussi l’argent. Ils ont le financement. Ils sont dans la contrebande, dans le commerce transfrontalier, ils ont des relais dans des boutiques. Ils achètent, ils vendent même si eux-mêmes ne vendent pas. Ils ont le financement et ils évoluent bien. Ils ont aussi leurs motards et ces motards-là travaillent pour eux, ils versent l’argent. Donc c’est une structure bien organisée. Sauf que leur organisation reste secrète », explique Nicaise Kibel’bel Oka.

Pour le spécialiste, la lutte contre les ADF devrait également s’attaquer à leurs circuits de financement et à leurs réseaux de soutien, en complément des opérations militaires menées sur le terrain.

Jean-Claude Mbafumoja

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