Beni : plus de 300 enfants nés de violences sexuelles à Eringeti, la MONUSCO alertée

Vue de l'entrée dans la localité d'Eringeti traversée par la RN4. Ph. Tiers.

Au moins 352 enfants sont nés de grossesses issues de violences sexuelles dans l’agglomération d’Eringeti, au sein du groupement Bambuba-Kisiki, en territoire de Beni. Ce chiffre alarmant a été présenté en début de semaine au chef de la MONUSCO par le service local Genre, Famille et Enfant. Selon cette structure, ces violences sont en grande partie attribuées aux groupes armés encore actifs dans la région.

D’après la cheffe du bureau Genre, Famille et Enfant, Katungu Rehema, la majorité de ces enfants sont abandonnés par leurs mères, elles-mêmes profondément traumatisées. Beaucoup vivent aujourd’hui dans des familles d’accueil, sans véritable prise en charge. Interrogée par Radio Okapi, elle appelle à une intervention urgente du gouvernement et des organisations de protection de l’enfance, insistant sur la nécessité d’un accompagnement psychologique pour les mères et leurs enfants.

Présent à Eringeti, le chef de la MONUSCO, James Swan, s’est dit touché par cette situation qui fragilise davantage des communautés déjà éprouvées par les exactions des groupes armés, notamment les ADF. Devant différentes couches sociales mardi dernier, il a reconnu l’ampleur des défis sécuritaires et humanitaires dans la zone et a promis un engagement renforcé en collaboration avec les autorités congolaises.

Il ressort également que les cas de violences sexuelles sont particulièrement signalés dans le groupement Bambuba-Kisiki, mais aussi dans les localités d’Idohu, Mambelenga et Ndalya, en Ituri, d’où plusieurs familles ont fui vers Eringeti à cause de l’insécurité persistante.

Wynie Lusenge