Les agriculteurs et les garde-parc se regardent en chiens de faïence à Mayangose, dans la partie Est de Beni ville. Un climat de méfiance s’installe progressivement, anéantissant les efforts de médiation récemment consentis par le groupe consultatif de médiation mis en place par le consortium Interpeace et Pole Institute dans le cadre du projet “Soutien à la médiation pour la résilience et la paix en Ituri et au grand Nord-Kivu”.
Les activités champêtres à Rizerie, Nyaleke, Kididiwe, Kipe Ya Yo, revendiquées par l’ICCN comme faisant partie intégrante du Parc national des Virunga, ont eu un impact à la fois sécuritaire et économique ces cinq dernières années. Pendant que d’un côté cette zone subissait des opérations conjointes FARDC-UPDF pour traquer les ADF, d’autre part, la transformation de cette partie en champs a permis un accès et une présence massive et permanente des cultivateurs, rendant difficile aux ADF de s’y reconstituer.
Sur le plan économique, les terres arables de Mayangose ont produit des haricots, du riz, des cossettes de manioc, du maïs, des bananes, des légumes et de la braise en quantité industrielle, permettant à toutes les familles de se nourrir à moindre coût. Alors qu’éco-gardes et cultivateurs vivaient en harmonie depuis tout ce temps, grâce à un dialogue permanent entre les deux parties, cette destruction méchante et sans préavis des cultures est venue tout gâcher.
Néanmoins, lundi 24 mars dernier, une importante délégation des représentants des agriculteurs de Mayangose et des leaders locaux de Beni s’est rendue à la station de Mutsora. Conduite par Monsieur Nyonyi Bwanakawa, maire honoraire de Beni, Mwami Achou, chef du village de Bapakombe, et l’honorable Élie Kambere, élu de Beni, cette délégation est allée exprimer son souhait de voir la stabilité rétablie autour de Mayangose, à la suite de cette opération menée la semaine dernière par les éco-gardes dans la zone.
Cette intervention a entraîné la destruction de champs installés illégalement dans le parc ainsi que l’arrestation de plusieurs agriculteurs exploitant ces terres protégées. Adoptant une approche non violente, la délégation a plaidé pour une concertation entre toutes les parties prenantes, afin d’encourager les autorités compétentes à apporter une solution durable à la problématique de l’occupation illégale du parc à Mayangose.
Au terme des échanges, M. Rodrigue Mugaruka, Directeur et Chef de site adjoint du PNVi, a salué la volonté de dialogue de la délégation et son approche pacifique dans la recherche de solutions. À l’issue de la rencontre, il a été convenu d’organiser une prochaine réunion, au cours de laquelle chaque partie devra présenter des propositions concrètes pour aboutir à une solution durable.
Siku Province