La rébellion de l’AFC-M23 affirme avoir procédé à la libération de plus de 5 000 éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), capturés sur différents fronts dans l’est du pays. La remise de ces militaires au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a eu lieu le lundi 2 mars 2026, au camp militaire de Rumangabo, dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu.
Selon les responsables de l’AFC-M23, cette initiative s’inscrit dans le cadre des engagements visant à renforcer les mesures de confiance et à favoriser l’apaisement des tensions dans la région, conformément aux principes du droit international humanitaire. Le mouvement rebelle estime que cette démarche constitue une contribution aux efforts destinés à réduire les hostilités dans l’est de la RDC.
Réagissant à cette annonce, le chef de la délégation du CICR à Kinshasa, François Moreillon, a indiqué que l’organisation était prête à accompagner l’opération de transfert de ces militaires du Nord-Kivu vers Kinshasa, sous réserve de l’accord de toutes les parties concernées.
Le CICR rappelle qu’il intervient dans ce type de processus en tant qu’acteur humanitaire neutre chargé de faciliter les transferts de détenus ou de personnes désarmées, dans des conditions respectant les normes humanitaires.
Cette opération intervient dans un contexte marqué par les discussions engagées dans le cadre du processus de Doha, où les différentes parties s’étaient engagées à envisager des mesures d’échange ou de libération de prisonniers afin de créer un climat favorable au dialogue.
Ce n’est pas la première fois que le CICR intervient dans ce type d’opération. En mai 2025, l’organisation avait déjà facilité le transfert de plus de 1 300 militaires congolais désarmés de Goma vers Kinshasa.
Toutefois, dans son communiqué, l’AFC-M23 accuse également Kinshasa de ne pas avoir libéré certains de ses membres détenus, ainsi que d’autres personnes arrêtées, selon elle, de manière arbitraire. Le mouvement rebelle déplore également ce qu’il qualifie de violations répétées du cessez-le-feu et affirme que les populations civiles continuent d’être affectées par la poursuite des affrontements.
Dans ce contexte, l’AFC-M23 appelle les médiateurs, ainsi que les partenaires nationaux et internationaux, à prêter une attention particulière à la situation sécuritaire dans l’est de la RDC et aux engagements pris par les différentes parties dans le cadre des processus de dialogue en cours.
Laetitia Vusara