Dix corps parmi les civils tués lors des récentes attaques attribuées aux rebelles ADF dans la chefferie de Walese Vonkutu, territoire d’Irumu (Ituri), ont été récupérés du lieu du drame dans la matinée de mardi 27 janvier 2024. Les victimes avaient péri dans différentes localités attaquées depuis le vendredi 23 janvier dernier.
Selon les informations recueillies sur place, ce sont les membres des familles endeuillées qui se sont mobilisés pour aller en brousse récupérer les dépouilles de leurs proches en vue d’un enterrement digne. Sans escorte des services de sécurité, ils ont néanmoins réussi à ramener dix corps provenant notamment des zones de Mangwalo, Pakanza, Apamayaya, Ahombo, Apakolu et Kisalaba.
Certaines familles n’ont toutefois pas pu récupérer les corps de leurs proches. Notre source souligne que les assaillants ont piégé plusieurs dépouilles avec des mines et des engins explosifs artisanaux, obligeant la population, non formée au déminage, à abandonner les corps encore en brousse.
Le coordonnateur de la Convention pour le respect des droits humains (CRDH) en territoire d’Irumu a dénoncé l’attitude des services de sécurité, qu’il accuse de ne pas avoir accompagné la population malgré des promesses faites en ce sens. Une situation qui, selon lui, a exposé les civils à de graves dangers et empêché la récupération de tous les corps.
« Certains corps qui venaient de quitter la brousse sont au nombre de neuf, tandis que d’autres, jusqu’à preuve du contraire, gisent encore sur le sol. La raison pour laquelle certains corps ont été abandonnés est que l’ennemi a déposé des bombes artisanales. La population, qui n’est pas expérimentée, a été obligée de les laisser sur place », a-t-il expliqué.
Les corps récupérés ont été acheminés vers Beni, Oicha et d’autres localités pour les funérailles. Face à cette situation, la CRDH appelle les services spécialisés à intervenir en urgence pour le déminage des zones concernées, afin de permettre la récupération des autres dépouilles et d’éviter de nouveaux drames parmi les civils.
Kavetya Mbusa