Lubero : cinq jours après l’attaque de Byambwe, le silence du gouvernement inquiète, Denis Mukwege dénonce un génocide silencieux

Cinq jours après l’attaque terroriste menée par les rebelles ADF à Byambwe, dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, le gouvernement congolais n’a toujours pas réagi officiellement. Alors que des voix se lèvent de partout pour condamner cette barbarie, Kinshasa garde encore le silence.

Face à cette inaction, le Prix Nobel de la Paix 2018, le docteur Denis Mukwege, rappelle qu’il y a urgence à agir. Dans un message publié sur ses plateformes en ligne, celui que l’on surnomme le réparateur des femmes se dit horrifié d’apprendre l’assassinat brutal de jeunes mères qui allaitaient leurs enfants. Il regrette qu’elles aient été abattues dans leur lit d’hôpital et condamne fermement ces actes. Pour lui, s’attaquer à des femmes qui ont donné la vie est le pire des crimes que l’on puisse commettre. Le monde, conclut-il, ne peut tolérer le génocide silencieux des Congolais.

« Je suis horrifié d’apprendre que des jeunes mères qui allaitaient leurs enfants ont été brutalement assassinées et retrouvées la gorge tranchée dans leur lit d’hôpital cette fin de semaine au centre de santé de Byambwe, à proximité de Butembo, au Nord-Kivu. Sur les dix-sept personnes massacrées, onze étaient des femmes en séjour à la maternité », a-t-il écrit.

Denis Mukwege insiste sur la gravité de ces actes, qu’il qualifie d’abjects. Selon lui, l’attaque de Byambwe n’est pas un acte isolé, mais s’inscrit dans une stratégie visant à briser des familles, à terroriser les populations et à effacer toute une communauté. Il appelle à des actions immédiates pour protéger les civils et mettre fin à ce cycle infernal de violences.

« En tant que gynécologue obstétricien, je condamne très fermement ces actes abjects. S’attaquer à des femmes qui ont donné la vie est le pire des crimes que l’on puisse commettre et s’apparente à une volonté planifiée non seulement de terroriser la population, mais de détruire en tout ou en partie une communauté.
Le monde ne peut tolérer le génocide silencieux des Congolais ! Il y a urgence à agir, à poursuivre les responsables de ces crimes et à protéger les civils dans l’Est de la RDC
», insiste-t-il.

À Byambwe, les habitants ont vidé le village, d’après des sources concordantes. Là, les activités scolaires et sanitaires sont suspendues.

JC Mbafumoja

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