Lubero : les associations féminines dénoncent l’inaction face aux massacres des civils

Les organisations « Rien sans les femmes » et la « Synergie des femmes pour la paix et la sécurité » tirent la sonnette d’alarme après la multiplication des massacres attribués aux ADF dans le territoire de Lubero, où de nombreuses jeunes femmes figurent parmi les victimes. Elles condamnent le silence des autorités et de la communauté internationale et exigent des actions concrètes pour mettre fin aux tueries qui endeuillent la région.

Dans une déclaration rendue publique au milieu de la semaine, les associations féminines du territoire de Lubero expriment leur profonde indignation face aux massacres répétés qui frappent la population civile dans cette partie du Nord-Kivu. Les organisations « Rien sans les femmes » et la « Synergie des femmes pour la paix et la sécurité » en territoire de Lubero se disent particulièrement préoccupées par le nombre croissant de jeunes femmes parmi les victimes des tueries attribuées aux rebelles ADF.

Ces structures dénoncent avec force le silence et l’inaction du gouvernement congolais ainsi que de la communauté internationale, estimant que l’ampleur des massacres exige une réponse urgente et concrète. Elles affirment ne plus vouloir se contenter de simples déclarations officielles, mais exigent des actions tangibles et mesurables pour protéger les populations civiles.

« En effet, le degré des massacres de la population en territoire de Lubero nous inquiète et nous pousse à alerter notre gouvernement congolais ainsi que la communauté internationale afin qu’ils portent un regard strict et vigilant sur cette crise sécuritaire qui ne cesse de nous endeuiller jour après jour, et dont les femmes sont les premières victimes. Ce qui nous étonne, c’est que notre gouvernement ainsi que la communauté internationale semblent focaliser toute leur attention sur la guerre du M23, alors que les ADF/NALU, branche djihadiste opérant en République démocratique du Congo et en Ouganda, ainsi que d’autres porteurs d’armes incontrôlés, continuent de nous décimer », peut-on lire dans leur déclaration.

L’administrateur militaire du territoire de Lubero, qui a reçu le mémorandum, a assuré aux signataires que leur document sera transmis « à qui de droit ». Il a également présenté ses condoléances à l’ensemble de la population touchée, et plus particulièrement aux femmes endeuillées par les récentes attaques.

« J’aimerais, à travers vous, transmettre mes sincères condoléances à toutes les femmes, à tous les Congolais et Congolaises, et plus particulièrement aux familles éprouvées. Le message que vous venez de lancer aujourd’hui, je le prends comme une dénonciation, et je vous en remercie. En ce qui concerne les ADF, le gouvernement est déjà à l’œuvre pour tenter d’éradiquer ce système. Je reste convaincu que la coalition FARDC-UPDF, déjà engagée sur le terrain, apportera de bons résultats », a déclaré le colonel Kiwewa Mitela Alain.

Cette prise de position intervient quelques jours seulement après l’attaque menée par les terroristes ADF contre le Centre de santé de référence de Byambwe, où près de vingt personnes ont été froidement tuées, parmi lesquelles des femmes allaitantes et des malades alités. Cette attaque s’ajoute à une longue série d’exactions perpétrées dans la région, plongeant encore davantage la population dans l’angoisse et le deuil.

Kavetya Mbusa

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