La suspension temporaire de toutes les activités dans les structures sanitaires de la zone de santé de Biena, annoncée samedi dernier par les agents de santé réunis au sein de l’Intersyndicale IMS, est entrée en vigueur à partir de ce lundi 17 novembre 2025. Cette mesure de 48 heures fait suite à l’attaque meurtrière perpétrée par les rebelles de l’ADF contre le centre de santé de référence de Byambwe. Les habitants sur place s’inquiètent et sollicitent l’implication urgente des autorités pour épargner les vies humaines.
Dans une lettre ouverte adressée au gouverneur de province, les professionnels de santé expliquent qu’ils prennent cette décision en raison d’un climat d’insécurité croissant, marqué par des attaques répétées visant les infrastructures médicales depuis juillet 2024. Faisant référence à l’attaque de juillet 2024 du centre de santé Masingi par les rebelles et à celle du centre de santé de référence de Byambwe, dans la nuit de vendredi au samedi 15 novembre, les signataires dénoncent par ailleurs un sentiment d’abandon de la part des autorités compétentes.
Pour les membres de l’intersyndicale, la fermeture concerne l’ensemble des centres de santé, postes de santé et hôpitaux de la zone. L’Intersyndicale prévient que la mesure pourrait être prolongée si aucune disposition concrète n’est prise pour sécuriser les structures sanitaires et les prestataires.
« Compte tenu de cette situation, nous prenons des mesures suivantes : la fermeture de toutes les structures sanitaires, hôpitaux, centres de santé, postes de santé pendant 48 heures à partir du lundi matin, en attendant la prise de mesures sécuritaires de la part de nos autorités politico-administratives. D’autres mesures seront prises après expiration de ce délai. Durant cette période de fermeture, les gérants des structures sont chargés de garder les infrastructures et matériels », stipule la déclaration.
Cette mesure inquiète les habitants qui accèdent difficilement aux soins de santé, suite à la pénurie des médicaments dans plusieurs structures sanitaires de cette zone de santé en proie à l’insécurité. Certains habitants demandent aux services de sécurité de définir de nouvelles stratégies pour contrer la menace rebelle dans la chefferie des Baswagha ainsi que dans le secteur des Bapere.
« Nous recommandons au gouvernement de nous venir rapidement en aide pour que cette situation ne revienne plus. C’est très regrettable. Vraiment, mes recommandations sont que les autorités civilo-militaires puissent voir comment changer les militaires qui sont en place. »
Cette attaque, qui coûté la vie à au moins 28 personnes, dont des malades exécutés sur leur lit d’hôpital, rappelle celle de septembre dernier, où plus de 100 civils avaient été tués alors qu’ils participaient à une veillée mortuaire au village de Ntoyo, près de Mangurejipa. De dizaine de plusieurs maisons étaient réduites en cendres au cours de cette attaque.
Laetitia Vusara