Six mois après sa fermeture à la suite de l’attaque des rebelles des ADF à Ntoyo, le centre de santé Mama wa Huruma a repris ses activités. À cette occasion, l’infirmier titulaire adjoint appelle les autorités sanitaires et les partenaires à soutenir la structure en médicaments, équipements et moyens logistiques afin d’améliorer la prise en charge de la population qui regagne progressivement ce village du secteur des Bapere, dans le territoire de Lubero.
Selon l’infirmier titulaire adjoint du centre de santé Mama wa Huruma, c’est depuis le mercredi 11 mars que la structure a rouvert ses portes afin de répondre aux besoins urgents de la population en soins de santé. Durant la période de fermeture, plusieurs habitants étaient contraints de parcourir de longues distances pour accéder aux soins médicaux, a fait savoir notre interlocuteur.
Joseph Lungabo explique que la reprise des activités se fait progressivement, avec un service minimum. Il ajoute que certaines prestations restent limitées en raison du manque de matériel médical, de médicaments et d’équipements, dont une partie avait été emportée ou détruite lors de l’attaque.
« Bien sûr, nous avons repris les activités, mais avec un service minimum. Nous sommes en train d’offrir à la population les soins uniquement pendant la journée, et cela suite à un effectif réduit d’agents », a-t-il déclaré.
Plusieurs difficultés persistent. Le centre de santé fait face à un manque de médicaments, d’équipements et de moyens logistiques pour assurer correctement la prise en charge des patients. À cela s’ajoutent les défis sécuritaires qui continuent d’inquiéter le personnel soignant ainsi que la communauté locale.
Pour faire face à cette situation, Joseph Lungabo formule plusieurs recommandations. Il appelle les autorités sanitaires, les organisations humanitaires et les partenaires du secteur de la santé à soutenir la structure afin de renforcer ses capacités. Il demande également aux services de sécurité de veiller à la protection des structures sanitaires dans les zones encore exposées aux menaces des rebelles des ADF.
« Il y a plusieurs de nos matériels de soins qui ont été volés. Il y a aussi nos médicaments qui sont périmés. Il y a également des membres de notre personnel qui avaient pris la fuite vers des milieux jugés sécurisés et qui ne sont pas encore revenus jusque-là. Nous recommandons aux autorités compétentes de nous venir vraiment en aide sur tous les plans, surtout en dotant la structure des médicaments nécessaires pour la prise en charge de nos patients. Nous recommandons aux autorités compétentes de voir comment faire pour rendre les soins gratuits au sein du centre de santé Mama wa Huruma », a-t-il lancé.
La société civile du secteur des Bapere, de son côté, se réjouit de la réouverture de ce centre de santé, qu’elle considère comme un service vital pour la population de Ntoyo et des villages environnants dans cette partie de la province du Nord-Kivu.
Pour rappel, le village de Ntoyo avait été la cible d’une attaque attribuée aux rebelles des ADF dans la nuit du 8 au 9 septembre 2025. Plus de 100 civils avaient été tués lors d’une veillée mortuaire et plusieurs maisons incendiées.
Laetitia Vusara
