Nord-Kivu : La société civile de Lubero alerte sur la transplantation et l’installation de populations inconnues dans les zones occupées par le M23

Des nouvelles populations inconnues sont transplantées et installées dans les groupements Tama et Itala, au sud du territoire de Lubero, occupé par le M23. L’alerte a été donnée par la coordination territoriale de la société civile dans sa déclaration du 19 novembre 2025. Elle dénonce également une recrudescence de cas de violations des droits humains commis par le M23, marquée par des assassinats et des pillages.

Dans cette déclaration qui dresse un tableau sombre de la situation sécuritaire, les forces vives de Lubero ont alerté sur l’occupation de plusieurs localités situées au sud du territoire par des populations inconnues. Selon cette structure citoyenne, ces nouveaux arrivants s’approprient les champs des habitants autochtones.

Certains membres de la communauté ont même été chassés de cette zone sous contrôle du M23. La société civile accuse également le M23 de tracasser la population, contrainte de payer une taxe illégale de sécurité. « La société civile dénonce la transplantation et l’installation des populations inconnues, l’occupation des champs et la chasse de certains membres de la communauté dans les groupements Tama et Itala, au sud du territoire de Lubero. De multiples tracasseries administratives sont identifiées à des barrières et lieux administratifs, à l’exemple de la taxe de sécurité perçue sur tous les camions à toutes les barrières érigées sur la RN2 », indique la société civile dans sa déclaration.

Au-delà de ces installations jugées illégales et facilitées par le M23, la société civile signale également une recrudescence des cas de violence dans les zones occupées. Elle parle notamment des assassinats, des enlèvements, des pillages et d’autres exactions. La société civile note par ailleurs un besoin humanitaire urgent dans les zones sous occupation.

« Elle constate aussi des tueries, des viols, des vols, des pillages et des enlèvements dans les zones sous contrôle de la rébellion du M23/AFC. Même les besoins énormes en éducation, santé, protection, nutrition… sont enregistrés sur le plan humanitaire auprès des populations déplacées et retournées », ajoute la coordination territoriale de la société civile.

Cette déclaration intervient alors que les combats ont repris au sud de Lubero entre le M23 et les Wazalendo, après plusieurs mois d’accalmie. Le territoire de Lubero est désormais pris au piège entre les attaques des ADF au nord-ouest et les menaces du M23 au sud-est. Cette insécurité a poussé plusieurs habitants à fuir.

Sam Kitha D.

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