Le Réseau pour les droits de l’homme (REDHO) alerte sur la situation préoccupante de plusieurs détenus dans les prisons centrales de Beni Kangwayi et de Butembo Kakwangura. Cette organisation citoyenne appelle les juridictions compétentes à se pencher sur la question de ces prisonniers qui sont détenus dans des conditions inhumaines.
Dans un communiqué de presse publié le mardi 25 novembre, le REDHO dénonce la détention prolongée et parfois arbitraire de nombreux prisonniers dont les dossiers judiciaires sont restés à Goma après la prise de la ville par les rebelles de l’AFC/M23. Selon l’organisation, certains détenus ont largement dépassé les délais légaux de détention préventive sans jugement. D’autres, pourtant acquittés, restent incarcérés faute de documents administratifs confirmant leur libération. Certains prisonniers n’ont même jamais comparu devant une juridiction, et leurs dossiers demeurent introuvables.
La majorité des concernés relèverait de la compétence de la cour militaire et de l’auditorat supérieur du Nord-Kivu. Les établissements pénitentiaires concernés affirment, pour leur part, attendre les instructions des autorités judiciaires compétentes.
Pour le REDHO, ces détentions deviennent illégales et violent gravement les droits fondamentaux des détenus. L’organisation rappelle que la liberté est la règle et que la détention doit rester une exception strictement encadrée par la loi. Elle appelle ainsi le ministre de la Justice, le ministre des Droits humains, ainsi que les hautes autorités militaires et judiciaires à intervenir d’urgence.
Le REDHO plaide pour la libération des personnes détenues sans base légale et pour le jugement, dans le respect de la loi, de celles dont les charges sont encore maintenues. Il insiste enfin sur le fait que l’insécurité ou les conflits ne peuvent en aucun cas justifier les violations persistantes des droits des détenus dans les zones en proie aux violences armées.
Latitia Vusara