La ville de Beni, chef-lieu provisoire de la province du Nord-Kivu, s’est réveillée ce lundi sous tension. Depuis les premières heures de la journée, des barricades ont été érigées sur plusieurs artères, paralysant la circulation dans divers quartiers de la ville. Des jeunes manifestants non identifiés ont indiqué protester contre la persistance des tueries dans les territoires de Beni et Lubero.
Des tracts anonymes diffusés sur les réseaux sociaux et jetés dans les rues de la ville ont annoncé trois jours sans activité. Ces appels ont visiblement été suivis, car une grande partie des activités socio-économiques et scolaires est restée paralysée tout au long de la matinée. La situation est demeurée instable malgré une timide reprise des activités économiques observée dans certains quartiers dans l’après-midi.
Au centre-ville, notamment au niveau du rond-point du 30 juin, les forces de sécurité ont dû intervenir en tirant plusieurs coups de feu en l’air pour disperser les manifestants. La police a continué de patrouiller pour tenter de rétablir l’ordre public et permettre aux citoyens de reprendre leurs occupations. Face à cette situation, la société civile, coordination urbaine de Beni, a réagi pour déplorer ces manifestations spontanées dont les organisateurs restent inconnus.
Dans une déclaration signée par Maître Paluku Da Votre Pepin, président de la coordination urbaine de la société civile, il est rappelé que « toute action citoyenne doit être respectueuse des lois et des libertés fondamentales des citoyens et de leurs biens ».
La société civile met également en garde les forces de l’ordre contre tout excès et les appelle à faire preuve de professionnalisme dans la gestion de l’ordre public afin d’éviter des violations des droits humains.
Le mystère demeure quant à l’identité des initiateurs de ces actions de protestation. Quelques membres de mouvements citoyens et groupes de pression contactés par la société civile disent ne pas se reconnaître dans cette mobilisation, dénonçant une action non coordonnée et susceptible de troubler davantage l’ordre public.
Rappelons que depuis plusieurs années, Beni et Lubero sont confrontés à une insécurité chronique marquée par des attaques de groupes armés et des massacres de civils.
Milan Kayenga