Plus de 270 civils ont été tués en trois mois dans la province du Nord-Kivu. C’est le chiffre alarmant révélé par l’ONG Badilika Droits Humains dans son dernier rapport couvrant la période de décembre 2025 à février 2026. L’organisation fait également état de massacres, d’enlèvements, d’incendies de villages et de plusieurs autres exactions qui continuent de plonger la population dans l’incertitude, malgré le cessez-le-feu annoncé dans l’est de la République démocratique du Congo.
Entre décembre 2025 et février 2026, la province du Nord-Kivu a enregistré au moins 270 civils tués, dont près de 20 % de femmes, ainsi qu’une soixantaine de blessés, selon ce rapport. Les territoires de Beni, Lubero, Rutshuru, Masisi, Nyiragongo ainsi que la ville de Goma figurent parmi les zones les plus touchées.
Les attaques sont notamment attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF), aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), au Mouvement du 23 mars (M23), à certains groupes Wazalendo et, dans certains cas, à des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Le rapport évoque des massacres de cultivateurs dans leurs champs, des incursions nocturnes dans plusieurs villages, des incendies d’habitations ainsi que des pillages de commerces. À Lubero et Beni, plusieurs localités ont été ciblées par des attaques meurtrières, provoquant des déplacements massifs de populations.
À Masisi, plus de 178 000 personnes déplacées internes sont recensées, aggravant une crise humanitaire déjà préoccupante. Un autre facteur d’inquiétude reste la prolifération des armes légères, particulièrement autour de Butembo, où des affrontements entre groupes armés rivaux entretiennent un climat d’insécurité permanent.
Des civils, notamment des motocyclistes et des commerçants, ont également été tués dans des violences liées à cette fragmentation armée.
Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu sur les lignes de front dans l’est du pays, l’ONG Badilika Droits Humains souligne que les populations civiles continuent de payer le prix fort du conflit. L’organisation appelle ainsi à un renforcement urgent de la protection des civils et à la lutte contre l’impunité afin d’enrayer la spirale des violences dans la province du Nord-Kivu.
Prosper Buhuru