Près de 300 civils sont morts massacrés durant le seul mois de juillet en territoire de Rutshuru. Les combattants de la coalition AFC/M23 sont accusés d’en être les auteurs. C’est le Conseil Territorial de la Jeunesse de ce territoire qui livre ces statistiques.
L’alerte est contenue dans un communiqué rendu public dimanche dernier. Dans ce document, le Conseil Territorial de la Jeunesse de Rutshuru parle de près de 300 civils tués depuis le 11 juillet 2025. Les rebelles de la coalition AFC/M23 sont identifiés comme les auteurs de ces massacres. Ces civils sans défense ont été exécutés dans le groupement Binza.
C’est précisément dans les villages de Kiseguro, Katwiguru, Kisharo, Busesa, Congo et Kihito. Le document poursuit que les personnes tuées sont accusées de collaboration avec les FDLR. Les victimes de ces violations graves des droits humains n’ont pas droit à un enterrement digne et les restes de leurs corps sont abandonnés ou jetés dans la rivière, regrette cette structure juvénile.
Selon le CTJ/Rutshuru, des corps sans vie ont été jetés dans la rivière Rutshuru, d’autres brûlés dans leurs cabanes dans les milieux champêtres et d’autres corps encore non enterrés sont en décomposition. Ils sont devenus la proie des insectes et des animaux sauvages. Cette structure dénonce également l’enrôlement forcé des jeunes dans les rangs du M23 dans plusieurs villages sous l’emprise de cette rébellion.
Dans son communiqué, elle estime à plus de 315 le nombre de personnes enrôlées de force à Kisharo, Kwatwiguru, Nyabanira et Nyamilima. Le cas le plus récent a été signalé à Ishasha, le 31 juillet 2025. Là, une cinquantaine de jeunes ont été recrutés de force. Les civils sont parfois interdits d’accéder aux champs dans l’un ou l’autre coin du territoire de Rutshuru. Selon le CTJ, les rebelles du M23-RDF-AFC auraient contraint les populations des villages de Nyabanira, Kasave, Kihito et Nyamitembe à quitter leurs habitations.
Ces familles chassées sont désormais en situation de déplacement, livrées à elles-mêmes, sans assistance humanitaire suffisante. Le Conseil territorial de la jeunesse à Rutshuru alerte également l’opinion tant nationale qu’internationale sur l’entrée massive sur le sol congolais des éléments des Forces Armées Ougandaises en renfort au M23.
Dans un message publié mardi 30 janvier 2024, cette structure affirme que ces militaires ougandais lourdement armés entrent en RDC via la frontière Kitagoma dans le groupement Busanza, en chefferie de Bwisha. Un couvre-feu obligatoire y est instauré entre 18 heures et 6 heures. Le CTJ dénonce les coups de fouet et d’autres formes de tortures corporelles auxquels sont soumis tous ceux qui violent cette mesure.
Il lance ainsi un appel urgent au gouvernement congolais pour qu’il libère toutes les zones que contrôle cette rébellion afin de mettre fin à ce cycle infernal.
Jean-Claude Mbafumoja