Oïcha : 35 cas d’Ebola confirmés, le maire appelle à renforcer la surveillance communautaire

Vue extérieure de la cour de la zone de santé d'Oicha. Crédit photo : Radio Moto Oicha.

Au moins 35 cas de maladie à virus Ebola ont été confirmés dans la zone de santé rurale d’Oïcha, selon des sources sanitaires. Parmi ces cas, plus de 20 personnes sont décédées et quatre autres ont été déclarées guéries.

Cette hausse inquiète le maire de la ville d’Oïcha. Lors de la parade hebdomadaire de ce lundi 5 octobre 2026, Kahindo Kalumba Emmanuel, citant des sources médicales, a indiqué que presque tous les cas confirmés provenaient d’autres zones de santé.

L’autorité urbaine appelle ainsi à renforcer la surveillance à base communautaire. Il demande aux chefs de base et à l’ensemble de la communauté de rester vigilants face aux visiteurs qui arrivent dans la ville et de signaler rapidement tout cas suspect.

Pour le maire, la plupart des cas enregistrés à Oïcha ne seraient pas locaux, mais importés, notamment depuis Biakato.

« Par rapport à Ebola, les cas ne sont pas des cas locaux. Les cas nous sont importés, surtout à partir de Biakato », a d’abord précisé l’autorité urbaine.

Kahindo Kalumba Emmanuel appelle la population à ne pas relâcher la vigilance et à respecter les mesures de prévention. Il insiste notamment sur l’importance du signalement rapide de tout cas suspect.

« Je demande à notre population de faire attention et de savoir que la maladie est là, et qu’elle continue à être là. Qu’elle fasse attention, qu’elle respecte les gestes barrières, qu’elle dénonce et qu’elle fasse attention aux visiteurs avec lesquels elle peut avoir contact. S’il y a un cas suspect, il faudrait vite le dénoncer », a-t-il lancé.

Pour illustrer les risques liés à l’arrivée de personnes provenant de zones touchées, le maire adjoint évoque ensuite un cas survenu dans le quartier Bakaïku.

« Comme le cas que nous avons eu dans le quartier Bakaïku, un papa est venu avec son enfant à partir de Biakato. Arrivé ici, immédiatement, l’enfant est mort. Après la mort de l’enfant, le père a commencé à présenter des signes et des symptômes. On l’a envoyé dans un centre hospitalier ici », explique l’autorité urbaine.

Selon le maire adjoint, la situation a ensuite été signalée grâce à la vigilance des jeunes du quartier, alors que le père aurait dissimulé son origine.

« Arrivé là-bas, on lui a demandé d’où il venait, mais il cachait la vérité et disait qu’il était d’ici. Heureusement, la jeunesse de cet endroit savait déjà que le papa était venu avec un enfant malade et que l’enfant était décédé. Elle a dénoncé la situation, » ajoute-t-il.

Le maire explique enfin que les symptômes présentés par cet homme, associés à son origine de Biakato, ont conduit les médecins à suspecter Ebola et à le transférer vers le personnel soignant.

« Comme il présentait des signes pareils et qu’il venait de Biakato, les médecins ont constaté qu’il s’agissait de signes de la maladie à virus Ebola. Il a alors été transféré à qui le droit », a-t-il conclu.

Pour rappel, la zone de santé d’Oicha a déjà officiellement déchargé trois malades survivants de cette épidémie.

Rédaction

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