Le bras de fer se poursuit entre l’Assemblée nationale et la Cour constitutionnelle autour du procès de Matata Ponyo. Cet ancien Premier ministre de la République Démocratique du Congo, actuellement dans l’opposition, est accusé de détournement des deniers publics.
Il s’agit de près de 200 millions de dollars destinés à la mise en place du parc agroalimentaire de Bukangalonzo. Lors de son procès, le 23 mars dernier sur le dossier Bukangalonzo, le parquet a requis vingt ans de prison contre Augustin Matata Ponyo.
Selon la RFI, au cours de l’audience, l’ancien Premier ministre a invoqué son immunité parlementaire. Cette déclaration de Matata Ponyo a engendré un débat qui s’est amplifié ces derniers jours entre le président de l’Assemblée nationale et celui de la Cour constitutionnelle en RDC. D’après la Haute Cour, Matata Ponyo est sénateur et son immunité a déjà été levée depuis le début du procès.
Lors du procès en avril dernier, il l’a lui-même invoquée et a refusé de comparaître, car selon lui, il est un ancien chef du gouvernement et élu député national, ce qui prouve une nouvelle immunité parlementaire. C’est dans ce sens que le président de l’Assemblée nationale s’est invité dans le débat. Vital Kamerhe a demandé à la Cour de respecter la procédure et de solliciter une nouvelle levée de l’immunité auprès de cette chambre.
En réplique, la Cour constitutionnelle dit n’avoir pas à revenir en arrière, car Matata Ponyo a déjà été traduit devant une juridiction, les débats du procès ont été clôturés fin avril. Le verdict mis en délibéré est programmé pour le 14 mai prochain.
Dans un courrier, le président de la Cour a rappelé d’un ton ferme l’indépendance du pouvoir judiciaire. Dans neuf jours, la Cour constitutionnelle de la RDC devrait se prononcer dans ce dossier Bukangalonzo. La Haute Cour fait savoir que Matata Ponyo risque vingt ans de prison ferme pour détournement présumé de près de 200 millions de dollars.
Rédaction