Des inquiétudes grandissantes pèsent sur une possible régionalisation du conflit dans l’Est de la RDC. Après la prise de la ville d’Uvira par la coalition AFC/M23, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) hausse le ton et craint que la crise sécuritaire dépasse désormais les frontières congolaises.
Dans un communiqué de presse publié ce vendredi 12 décembre 2025, le Secrétariat de la CIRGL se dit profondément préoccupé par la dégradation rapide de la situation au Sud-Kivu. La chute d’Uvira, cité stratégique située à la frontière entre le Rwanda et le Burundi, représente selon lui un point hautement sensible dont l’occupation pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble de la région.
Selon l’organisation, l’avancée des combattants a déjà provoqué d’importants mouvements de population, poussant des milliers de familles à chercher refuge au Rwanda et au Burundi. Cette nouvelle vague d’exode vient alourdir le nombre déjà élevé de déplacés internes et de réfugiés, rendant urgente une assistance humanitaire renforcée.
La CIRGL condamne fermement les violences perpétrées contre les civils et rappelle à toutes les parties leurs obligations au regard du droit international humanitaire. Elle insiste également sur le respect des cadres juridiques existants, notamment les accords de Washington entre la RDC et le Rwanda, ainsi que l’accord-cadre de Doha, signé le 15 novembre 2025 entre Kinshasa et la coalition AFC/M23.
Dans ce contexte tendu, l’organisation appelle à un cessez-le-feu immédiat, suivi d’un engagement sincère dans le dialogue. Elle réaffirme sa disponibilité à soutenir toutes les initiatives diplomatiques visant à ramener la paix, avec une priorité accordée à la protection des civils dans la région des Grands Lacs.
La CIRGL encourage par ailleurs les États membres à maintenir leur appui au processus de paix dans l’Est de la RDC, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU et aux autres accords régionaux pertinents. Enfin, elle exhorte la communauté internationale à intensifier sans délai l’aide humanitaire et à garantir un accès sécurisé aux populations touchées par cette nouvelle crise.
Jean-Claude Mbafumoja