La guerre dans l’Est de la RDC prive des milliers d’enfants d’accès à l’éducation et fragilise la gratuité de l’enseignement dans les zones occupées. C’est ce qu’a affirmé le gouvernement congolais lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à l’éducation en période de conflit. Son représentant permanent a dénoncé une situation qu’il juge alarmante, accusant le M23 d’en être responsable.
Devant les membres du Conseil de sécurité de l’ONU, l’ambassadeur de la RDC a rappelé que, depuis plus de trente ans, les violences récurrentes dans l’Est du pays compromettent l’accès à l’enseignement pour des millions d’enfants. Zénon Mukongoa a notamment pointé la situation dans les zones contrôlées par le M23, où les combats et l’occupation rwandaise affectent directement les écoles.
« Depuis plus de trente ans, notre pays subit des cycles récurrents de violence et des conflits armés, particulièrement dans sa partie orientale. Cette situation prive des millions d’enfants du droit fondamental d’accéder à une éducation sûre, inclusive et de qualité. À titre d’exemple, rien que dans la province du Sud-Kivu, où opèrent impunément depuis le début de l’année 2025 le mouvement M23 et les forces de défense rwandaises (RDF), l’impact du conflit sur l’éducation est alarmant. La gratuité de l’enseignement y est mise à mal, les troupes rwandaises et les rebelles du M23 ayant décidé d’imposer des frais de scolarité dans les écoles publiques et privées des territoires sous leur contrôle », a-t-il déclaré.
Le diplomate congolais a présenté des chiffres préoccupants. Selon lui, sur plus de 8 000 écoles recensées au Sud-Kivu, près de 1 800 ont fermé leurs portes à cause de la guerre menée par le M23. La situation est similaire au Nord-Kivu, où plusieurs établissements ne fonctionnent plus.
« Les statistiques indiquent que, sur 8 419 écoles, 1 768, dont 71 écoles maternelles, 1 022 écoles primaires et 675 écoles secondaires, ne sont aujourd’hui plus opérationnelles. La République démocratique du Congo fait de l’éducation un pilier central de sa politique de résilience et de développement. Fort de sa population majoritairement jeune, l’éducation représente pour notre pays non seulement un droit fondamental, mais aussi un levier essentiel de stabilité », a souligné l’ambassadeur.
La RDC appelle la communauté internationale à renforcer la protection des établissements scolaires et à soutenir les efforts pour garantir la continuité de l’apprentissage, malgré un contexte sécuritaire fragilisé dans l’Est du pays. Le gouvernement rappelle avoir instauré la gratuité de l’enseignement et adopté une stratégie d’éducation en situation d’urgence pour la période 2025-2029.
Sam Kitha D.