Des doutes persistent sur la tenue des élections générales prévues en 2028 en République démocratique du Congo, conformément à la feuille de route de la CENI. Le camp présidentiel évoque déjà un éventuel report de ce scrutin. Le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, justifie cette hypothèse par la guerre dans l’Est du pays, qui priverait des millions de Congolais de leur droit de vote. Il a également défendu une révision de la Constitution, sans exclure qu’une telle réforme puisse permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat.
Selon la CENI, les élections générales sont prévues en décembre 2028. Un exercice démocratique qui pourrait toutefois être reporté, estime Isaac Jean-Claude Tshilumbayi. Répondant aux questions de RFI, il explique que la guerre dans l’Est, qui a provoqué le déplacement de millions de Congolais, ne permet pas d’organiser un scrutin crédible.
« Tant que la guerre n’est pas terminée, il est clairement établi que l’on ne peut pas aller à une élection dans des conditions où des millions de nos compatriotes sont contraints au déplacement et ne peuvent pas participer librement au vote. Une élection apaisée ne peut se tenir que dans des conditions de paix, avec le retour des déplacés dans leurs milieux de vie », a-t-il déclaré, ajoutant qu’« il ne s’agit pas d’un glissement, mais d’un principe normal de ne pas organiser des élections en période de guerre ».
Au-delà de cette question, le camp présidentiel n’écarte pas la possibilité d’une révision constitutionnelle. Pour Jean-Claude Tshilumbayi, l’actuelle Constitution présente des limites dans le fonctionnement des institutions et mérite d’être réformée.
« Si l’une des conséquences était que le président se représente, cela relèverait du choix du peuple souverain. Ce n’est pas le leitmotiv. Les raisons sont nombreuses et correspondent à un besoin exprimé par la population, notamment sur les modalités de désignation des sénateurs et des gouverneurs », a-t-il expliqué.
Ce débat sur un éventuel report des élections intervient dans un contexte politique déjà tendu, marqué par des divergences autour d’une possible révision constitutionnelle. Une situation qui rappelle, pour plusieurs analystes, les tensions politiques enregistrées après le report des élections de 2016 sous Joseph Kabila.
Sam KITHA D.