RDC : le gouvernement congolais justifie l’accueil des premiers migrants expulsés des États-Unis

La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a clarifié la position du gouvernement congolais sur l’accueil de migrants expulsés des États-Unis, quelques jours après l’arrivée à Kinshasa d’un premier groupe de 15 personnes. Elle insiste sur le caractère strictement temporaire de cette mesure, présentée comme un engagement humanitaire encadré.

Selon la cheffe du gouvernement, les personnes concernées sont des demandeurs d’asile qui se trouvaient sur le territoire américain. Leur accueil en République démocratique du Congo s’inscrit dans le cadre d’un accord conclu entre Kinshasa et Washington, avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations.

« Ce sont des demandeurs d’asile qui se sont retrouvés aux États-Unis et, dans le cadre d’un accord entre les services de migration des États-Unis d’Amérique et la République démocratique du Congo, on a convenu de pouvoir les recevoir temporairement. Pour l’instant, nous collaborons avec les États-Unis d’Amérique et notamment l’Organisation internationale pour les migrations pour pouvoir accueillir ces migrants de manière temporaire, le temps que l’on puisse leur trouver d’autres terres d’asile », a expliqué Judith Suminwa sur TV5 Monde.

Le gouvernement congolais affirme également agir dans le respect du droit international humanitaire et de ses engagements en matière de protection des migrants. Kinshasa insiste sur le fait que ce dispositif ne constitue ni une relocalisation permanente, ni une politique d’installation durable sur son territoire. Toutefois, la Première ministre n’exclut pas l’arrivée d’autres migrants dans le cadre de cet accord, tout en précisant que leur présence en RDC restera limitée dans le temps.

« C’est un service que nous rendons aux États-Unis d’Amérique qui prennent en charge leur séjour chez nous, leur logement, leur alimentation, et cetera. Dans le cadre de cet accord, il pourrait y en avoir d’autres, mais la convention est de ne pas les avoir indéfiniment », a-t-elle ajouté.

Ce dispositif, dont la phase opérationnelle a débuté le 17 avril avec l’arrivée du premier contingent, continue de susciter des réactions contrastées au sein de la classe politique et de la société civile. Plusieurs voix s’interrogent notamment sur les implications sécuritaires, humanitaires et administratives de cet engagement.

Sam Kitha D.