RDC : les Églises favorables au dialogue même avec le M23, pendant que la RDC fait pression diplomatique à l’UE

Les Églises catholique et protestante de la RDC annoncent le lancement d’un dialogue national qui inclurait les différents acteurs du pays, y compris le M23. Cette annonce est intervenue l’après-midi du mardi dernier, quelques jours après que les responsables de ces Églises ont rencontré le chef de l’État pour lui soumettre un plan de sortie de crise, auquel Félix Tshisekedi ne se serait pas opposé.

Pour les représentants des Églises catholique et protestante en RDC, il ne peut pas y avoir de solution au conflit armé à l’Est si les protagonistes ne sont pas inclus dans la recherche de cette solution. C’est ainsi qu’ils annoncent le lancement de consultations avec les forces politiques, y compris l’opposition, la société civile et le M23. Cela, même si de nombreux Congolais s’y opposent, souligne le pasteur Éric Nsenga, secrétaire général de l’Église du Christ au Congo (ECC), cité par RFI.

« Il y a beaucoup de choses à se dire, mais gardez à l’esprit : que voulons-nous ? Nous ne pouvons pas en même temps dire que nous voulons la paix, mais être sceptiques à tout mécanisme qui peut y conduire. Notre posture est celle de transformer les conflits en opportunités de vie », démontre-t-il après avoir déclaré qu’« il serait en tout cas aberrant, sinon illusoire, de penser à avoir la paix sans inclure tous les acteurs concernés… » « Oui, M23, c’est vrai, cela devient comme une psychose ? », s’est-il ensuite interrogé.

Ce projet de sortie de crise a récemment été présenté au chef de l’État congolais qui n’aurait pas manifesté son opposition, apprend-on. Cela, même si le président de la République a toujours rejeté des négociations directes avec le M23, qualifié de « groupe terroriste », évoquant une « ligne rouge à ne pas franchir ».

La pression diplomatique de la RDC à l’UE

Sur le plan diplomatique, la RDC fait pression. La ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, séjourne, pour ce faire, à Bruxelles où elle a plaidé pour la cause de la RDC auprès de l’Union européenne devant le Parlement et de la Belgique dont elle a rencontré son homologue belge. Thérèse Kayikwamba déplore l’insensibilité des décideurs, notamment l’Union européenne qui hésite à sanctionner le Rwanda assiégeant la ville de Goma depuis quelques jours.

Il convient de signaler que mercredi dernier, le président du Conseil européen António Costa a téléphoné à la fois au président congolais Félix Tshisekedi et au président rwandais Paul Kagame, mais rien n’a été rendu public sur leur conversation.

Le Rwanda ne reconnaît toujours pas que ses troupes combattent à l’Est de la RDC aux côtés du M23, en dépit des rapports des experts des Nations unies. « Ce n’est pas le nombre de rapports du même groupe d’experts qui fait la vérité. Nous avons toujours nié ces rapports », indique Olivier Nduhungirehe, chef de la diplomatie rwandaise sur France 24. Il conseille la solution politique passant par le dialogue pour trouver des réponses aux revendications des uns et des autres.

Rédaction.

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