RDC : Matata Ponyo impute la crise sécuritaire de l’Est à la mauvaise gouvernance et au déficit de leadership

Un an après l’occupation de la ville de Goma par la rébellion du M23, la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo demeure préoccupante et continue de susciter de vifs débats au sein de la classe politique. L’ancien Premier ministre et opposant, Augustin Matata Ponyo, attribue cette crise persistante à la mauvaise gouvernance et à un déficit chronique de leadership au sommet de l’État.

S’exprimant mercredi 28 janvier 2026 lors d’un entretien accordé à TV5 Monde Afrique, Augustin Matata Ponyo a sévèrement critiqué la gestion actuelle du pays, qu’il juge responsable de l’insécurité qui gangrène l’Est de la RDC. Selon lui, les causes de la rébellion vont bien au-delà des seuls groupes armés et trouvent leur origine dans une gouvernance défaillante, notamment dans le secteur de la défense.

« Aujourd’hui, les gens regardent la rébellion. Mais quels sont les problèmes profonds de la rébellion ? C’est la mauvaise gouvernance. Jamais la RDC n’a été aussi mal gérée qu’elle l’est aujourd’hui », a-t-il déclaré.

L’ancien chef du gouvernement estime qu’aucune victoire durable contre les groupes armés ne peut être envisagée sans une armée disciplinée, bien encadrée et soutenue par une gouvernance responsable. « La guerre ne peut être gagnée que par une armée disciplinée », a-t-il ajouté.

Augustin Matata Ponyo a également dressé un parallèle entre sa gestion lorsqu’il était Premier ministre et la situation actuelle du pays. Il rappelle qu’à son époque, avec un budget national avoisinant les 5 milliards de dollars, les salaires étaient régulièrement payés, les infrastructures routières modernisées et plusieurs entreprises publiques mises en place.

« Quand j’étais Premier ministre, le salaire était payé le 15 du mois. Les routes étaient modernisées, des compagnies ont été créées, des compagnies aériennes et de transport en commun. Avec un budget de près de 16 milliards, toutes les routes sont défoncées, toutes les compagnies sont tombées en faillite, les gens ne sont plus payés, la monnaie se déprécie », a-t-il critiqué en parlant d’« une catastrophe » dont l’origine se trouve, selon lui, dans la mauvaise gouvernance et l’absence de leadership efficace.

Sam Kitha D.

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