RDC : réviser ou changer la Constitution reviendrait à légitimer la guerre du M23, selon un analyste

La vision de l’UDPS et de certains cadres de l’Union sacrée de la Nation de réviser ou de changer la Constitution viserait à éterniser Félix Tshisekedi au pouvoir. C’est l’analyse d’un chercheur et enseignant en sciences politiques, exprimée mardi 10 mars 2026. Selon lui, cette démarche du pouvoir en place risque de légitimer la guerre menée par le M23 dans l’est du pays. Le politologue met également en garde contre plusieurs autres conséquences possibles en cas de révision ou de changement de la Constitution.

Selon Arsène Kaputhu, enseignant à l’Université officielle de Ruwenzori (UOR-Butembo), le pays a d’autres priorités plus urgentes que la révision constitutionnelle. D’après lui, cette initiative portée par l’UDPS, le parti présidentiel, et certains de ses alliés viserait à remettre à zéro le compteur des mandats présidentiels. L’objectif serait de permettre à Félix Tshisekedi de se représenter à nouveau et de conserver le pouvoir le plus longtemps possible.

« La position aujourd’hui de l’UDPS concernant la révision ou le changement de la Constitution se justifie par la théorie des partis politiques. Cette théorie dit que les partis politiques ont de grandes missions, comme la conquête du pouvoir et la conservation du pouvoir. L’UDPS a déjà conquis le pouvoir depuis 2018, après 30 ans de lutte dans l’opposition. Elle a l’obligation de conserver ce pouvoir le plus longtemps possible. L’une des manières de permettre à l’UDPS de garder la présidence de la République, c’est le changement de la Constitution, parce que le compteur des mandats présidentiels sera remis à zéro », a-t-il expliqué.

Mais pour l’assistant Arsène Kaputhu, cette manœuvre de l’UDPS pourrait mettre le pays en danger. Il prévient que la révision constitutionnelle pourrait légitimer la guerre du M23, qui accuse le pouvoir en place de mauvaise gestion. Elle pourrait également provoquer des soulèvements populaires et des divisions pouvant dégénérer en guerre civile.

« La première conséquence, et la plus grave, qui pourrait même conduire à un bain de sang, ce sont les soulèvements populaires. Je sais que certaines couches de la population pourraient se soulever si, et seulement si, le régime de Kinshasa s’aventurait sur ce chemin-là. La deuxième conséquence, c’est que réviser ou changer la Constitution reviendrait à légitimer la guerre de l’AFC-M23, qui avance la mauvaise gestion du régime de Kinshasa comme soubassement de sa lutte. Une autre conséquence pourrait être une crise institutionnelle lorsque l’on remettrait à zéro les compteurs des mandats des institutions. On peut assister à une division à l’intérieur du pays, ce qui peut conduire à ce qu’on appelle des guerres civiles, généralement appelées chez nous des guerres tribales », a-t-il prévenu.

Pour rappel, le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, a déclaré, samedi 7 mars, que la Constitution pourrait être modifiée avant les élections prévues en 2028. Cette déclaration relance le débat sur un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi, dont le second mandat doit s’achever dans deux ans.

De son côté, l’opposition rejette catégoriquement toute idée de révision constitutionnelle et rappelle que le mandat du chef de l’État prend fin en 2028, conformément à la Constitution actuelle.

Sam Kitha D.

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