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Révision constitutionnelle : Me Achille Kapanga propose une pétition populaire de 100 000 signatures pour sortir le débat des rivalités politiques

Le débat sur une éventuelle révision de la Constitution continue de diviser la classe politique et l’opinion en République démocratique du Congo. Si certains acteurs politiques soutiennent cette idée, d’autres appellent à la prudence. C’est le cas de l’ancien maire de la ville de Beni, Me Achille Kapanga, qui s’est exprimé ce mercredi 11 mars 2026. Il rappelle que la Constitution n’interdit pas de réfléchir à sa révision, mais estime que l’initiative ne devrait pas venir des politiciens. Il propose plutôt une pétition populaire visant à recueillir au moins 100 000 signatures afin d’éviter les tiraillements politiques et les intérêts personnels des acteurs politiques.

Dans la classe politique comme dans l’opinion congolaise, le débat sur la révision ou le changement de la Constitution reste houleux. Au sein de l’Union sacrée, la plateforme politique du chef de l’État, tout comme dans l’opposition, chacun tente de défendre sa position sur cette question sensible.

Mais pour Me Achille Kapanga, ancien maire de la ville de Beni, l’initiative de réviser ou de changer la Constitution devrait plutôt venir de la population. Il évoque notamment la possibilité d’une pétition populaire réunissant 100 000 signatures, comme le prévoit la loi fondamentale.

« Quand vous lisez les articles 22, 61 et 218 de la Constitution, vous comprenez que réfléchir à la Constitution et y toucher, ce n’est pas interdit. Chacun peut donner son opinion et indiquer comment le faire, tout est prévu. Ma lecture est qu’il ne faut pas que cet état de choses provienne des acteurs politiques, parce que, déjà, entre eux, cela ne tient pas. Il serait mieux d’appliquer le point 4 de l’article 218 de la Constitution, parce que là, au moins, il est dit que l’initiative de la révision de la Constitution revient concurremment au président de la République, au Parlement, au gouvernement et même à la population, à raison de 100 000 signatures. Nous pensons que, pour éviter que le débat soit entre politiciens, il faudrait que cela vienne de la population. Comme ça, on pourrait le récupérer de la population », a-t-il estimé.

Pour l’acteur politique Achille Kapanga, une telle démarche permettrait de réduire les tensions et les rivalités politiques observées autour de cette question. Selon lui, lorsque le débat est porté uniquement par les acteurs politiques, chacun risque d’y voir avant tout ses intérêts personnels.

« Si cela vient de la population, cela ne divisera plus les acteurs politiques, puisque là, on voit maintenant que chacun voit ses intérêts. Chacun veut savoir ce qu’il va gagner dans cela. Si c’est moi qui ai réussi cette mission, le chef de l’État fera de moi ceci. Si c’est moi qui fais cela, le chef de l’État va m’aimer. Cela devient une question d’intérêt individuel. Et là, c’est dangereux. Pourquoi ? Puisque la tournure qu’a prise cette histoire semble montrer que les acteurs politiques agissent uniquement pour leurs intérêts. Puisque là, maintenant, on fait comme si on était en train de vouloir imposer au chef de l’État un troisième mandat. Cela vient de la tête des individus », a ajouté Me Achille Kapanga.

En RDC, le débat sur la révision de la Constitution s’est intensifié au début du mois de mars, notamment après la sortie médiatique du deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo. Ce dernier s’était initialement opposé à cette initiative avant de revoir sa position quelques jours plus tard, sous la pression de certains membres de l’Union sacrée.

Depuis, la question d’un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi s’est également invitée dans le débat, suscitant des critiques dans l’opposition et dans une partie de l’opinion publique.

Sam Kitha D.