Trois des cinq enseignants enlevés mercredi dernier par des hommes armés dans le groupement de Busanza, en territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, ont été libérés jeudi 12 mars après le paiement d’une rançon estimée à environ mille dollars américains. L’information a été confirmée ce vendredi 13 mars 2026 par l’Intersyndicale des enseignants du territoire de Rutshuru. Les deux autres enseignants restent en captivité.
Selon le porte-parole de cette structure syndicale, Félix Gakiza, les victimes ont été kidnappées dans des circonstances différentes sur deux axes routiers de cette entité. Le premier enlèvement est survenu sur l’axe Kinyandonyi–Rugarama, précisément à Mutego, alors que le second incident a été signalé sur l’axe Kitagoma–Kidandari.
« Nous avons enregistré l’enlèvement de cinq enseignants et, parmi ces cinq enseignants, il y avait deux enseignants d’une même école. Il y avait également le directeur de l’école primaire Nymagana, une école catholique, mais aussi un autre enseignant de l’EP Rugarama et le directeur adjoint de l’EP Busanza. Ils sont tous du groupement de Busanza, en territoire de Rutshuru. Alors, ils ont été enlevés dans des circonstances différentes. Puis, dans les heures vespérales, au cours de la nuit, trois ont été relâchés après le paiement d’une rançon, mais les deux autres restent en captivité », a-t-il expliqué.
Face à cette situation, l’Intersyndicale des enseignants du territoire de Rutshuru dénonce l’insécurité persistante qui cible les professionnels de l’enseignement dans cette zone. Son porte-parole appelle les autorités et les services de sécurité à renforcer la protection des enseignants, qui exercent déjà leur métier dans des conditions difficiles.
« Vraiment, nous plaidons pour la sécurité des enseignants. Nous qui travaillons dans cette zone, nous traversons beaucoup de difficultés. Un enseignant est un agent apolitique et il a droit à la sécurité. Lorsqu’un enseignant est kidnappé, c’est toute la population scolaire qui en souffre. C’est quelque chose quand même que nous sommes en train de dénoncer et de pleurer. C’est ainsi que nous plaidons pour la sécurité de tous les enseignants », a insisté Félix Gakiza.
Ces enlèvements interviennent dans un contexte marqué par une dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs villages du groupement de Busanza. Des hommes armés sont régulièrement signalés dans cette zone contrôlée par les rebelles du M23, le jour comme la nuit, souvent impliqués dans des enlèvements contre rançon.
Sam KITHA D.
