Un dialogue social sera prochainement organisé afin d’apaiser les tensions entre cultivateurs bantous et certains pygmées, accusés de vols de produits agricoles dans le secteur de Beni-Mbau. Cette annonce a été faite ce mardi 27 janvier 2026 par le chef de secteur lors d’une interview accordée à Radio Moto Oicha. Il met en garde toute personne qui manipulerait et utiliserait les peuples autochtones dans ces actes de vol, soulignant que cette pratique attise les conflits communautaires.
Le chef de secteur de Beni-Mbau, Jean-Bosco Malisava, reconnaît la persistance des vols de produits agricoles dans les groupements Batangi-Mbau et Bambuba-Kisiki. Selon lui, ces actes impliquent des groupes bantous et pygmées, une situation qui a déjà conduit à des arrestations et à des altercations entre présumés auteurs et propriétaires de champs.
Depuis, un climat de méfiance règne entre les deux communautés. Pour tenter de calmer les esprits, le bureau du secteur de Beni-Mbau annonce l’organisation prochaine d’un dialogue social. Celui-ci réunira pygmées, bantous, leaders communautaires, société civile et autres partenaires afin d’aborder les causes de ces tensions et d’envisager des solutions durables.
« Nous avons constaté avec amertume que des groupuscules bantous et pygmées se sont organisés pour s’opposer aux gardiens de champs dans les groupements de Bambuba-Kisiki et Batangi-Mbau. Cette situation perdure, c’est pourquoi le secteur de Beni-Mbau a convoqué une réunion urgente du comité de sécurité élargi à la société civile. Nous avons décidé d’organiser un dialogue social dans un délai précis que nous proposerons à nos partenaires, et nous inviterons les parties prenantes à en discuter ensemble », a déclaré le chef de secteur.
Jean-Bosco Malisava appelle les cultivateurs au calme et les pygmées à la retenue. Il met également en garde ceux qui profitent de la vulnérabilité des peuples autochtones pour les instrumentaliser dans les vols.
« Nous invitons les agriculteurs à faire preuve de patience, les pygmées à cesser ces actes, et les gardiens à poursuivre leur travail dans le respect des règlements et des ordres de leur hiérarchie. Nous lançons un appel ferme à ceux qui manipulent les pygmées. Des informations fiables indiquent que certaines personnes apportent des biens dans des camps de pygmées pour chercher du cacao. Elles sont dans le viseur des autorités, car elles favorisent les vols dans les champs », a-t-il ajouté.
Pour rappel, le 17 janvier dernier, la jeunesse de Mbau avait déjà demandé l’organisation d’un dialogue communautaire, à la suite d’un affrontement entre un groupe de pygmées surpris en train de voler des produits agricoles et les gardiens de Virunga Protection, une société chargée de la sécurisation des champs, notamment de cacao.
Samy Kitha D.