Beni : après l’attaque des ADF sur la route Mbau-Kamango, la société civile s’interroge sur l’efficacité des patrouilles des Casques bleus, la MONUSCO se défend

Un véhicule de la MONUSCO circulant sur la route nationale 4, axe Oicha-Beni. (Crédit : MONUSCO)

L’attaque attribuée aux rebelles ADF, survenue tôt le matin du mercredi 27 mai 2026 sur la route Mbau-Kamango, continue de susciter des réactions dans le secteur de Beni-Mbau, en territoire de Beni. Alors que des patrouilles de la MONUSCO étaient déjà signalées dans cette zone depuis plusieurs jours, la société civile locale s’interroge sur l’efficacité de ces opérations sécuritaires.

Le premier rapporteur de la société civile du secteur de Beni-Mbau affirme ne pas comprendre comment les assaillants ont réussi à traverser cette zone malgré la présence des Casques bleus et des dispositifs sécuritaires installés sur place.

Dalmas Nzingene exprime notamment son inquiétude face aux récentes incursions enregistrées près des positions militaires et des installations sécurisées.

« Nous sommes un peu inquiets de voir comment l’ennemi peut traverser la route à proximité de la base appelée FOB, où nous avons nos forces armées et les garde-parcs. La MONUSCO mène des patrouilles dans cette zone et y passe même la nuit. Nous nous demandons alors si ces patrouilles produisent réellement de bons résultats », s’interroge-t-il.

Cet acteur de la société civile rappelle également que la MONUSCO dispose d’importants moyens logistiques et sécuritaires, notamment des véhicules blindés et des équipements de surveillance.

En réaction, le responsable de la section information publique et communications stratégiques de la MONUSCO à Beni et en Ituri, Jean Tobie Okala, rappelle que les patrouilles de la mission onusienne restent mobiles et s’effectuent en appui aux FARDC engagées dans les opérations contre les groupes armés.

« La société civile est notre partenaire, donc nous prenons au sérieux tout ce qu’elle peut dire. Mais il faut aussi rappeler combien d’attaques ont été déjouées grâce aux patrouilles de la MONUSCO. Combien de fois nous avons mis en déroute des groupes armés qui s’apprêtaient à attaquer des civils innocents », a-t-il déclaré.

Jean Tobie Okala précise également que les groupes armés changent régulièrement de position afin d’échapper aux dispositifs sécuritaires.

« Une patrouille n’est pas statique, elle est mobile. Si les gens savent où se cachent les ADF, qu’ils viennent nous le dire. Ce sont des groupes très mobiles. Lorsqu’ils voient une patrouille passer, certains se cachent ou se terrent », explique-t-il.

Le responsable de la MONUSCO rejette par ailleurs l’idée selon laquelle la mission disposerait de moyens militaires illimités.

« Ceux qui pensent que la MONUSCO possède les équipements militaires les plus sophistiqués du monde se trompent. Nous ne sommes pas une armée. Nous sommes une force d’appui qui agit aux côtés de nos partenaires que sont les FARDC », ajoute-t-il.

La MONUSCO insiste enfin sur le caractère dissuasif de ses opérations conjointes et affirme que plusieurs vies ont déjà été sauvées grâce aux patrouilles menées de jour comme de nuit sur différents axes du territoire de Beni.

Cette attaque des ADF, survenue aux PK17, PK16 et PK15 sur la route Mbau-Kamango, a causé plusieurs dégâts et ravivé la peur au sein des populations locales. Pourtant, plusieurs cultivateurs affirment avoir aperçu, à plusieurs reprises, des patrouilles de la MONUSCO sur cet axe, aussi bien pendant la journée que durant la nuit.

Nganga Victor

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