Beni : au moins 21 civils tués lors de différentes attaques ADF à Batangi-Mbau en deux semaines

Depuis le début du mois de février 2026, le secteur de Beni-Mbau, à l’ouest d’Oicha, est en proie à de nouvelles attaques attribuées aux rebelles de l’ADF. Selon la société civile, forces vives du secteur, 21 civils ont été tués et plusieurs biens incendiés, provoquant un climat de peur et d’inquiétude au sein de la population.

Dalmas Nzingene, rapporteur de la structure citoyenne, dresse un bilan alarmant et appelle à la prudence. Selon lui, ces attaques sont à l’origine d’un climat de peur au sein des populations locales.

« La situation est tellement catastrophique ce mois de février, dans le secteur de Beni-Mbau. Nous sommes à une quinzaine de civils tués ce mois de février, à côté des maisons incendiées et des motos réduites en cendres, des civils portés disparus. C’est une désolation totale de notre part, nous, la population, puisque nous sommes en train de perdre les nôtres et l’ennemi est en train d’errer dans les champs de l’ouest d’Oicha et de Mbau », a-t-il déploré.

Ces attaques ont des conséquences directes sur les activités agricoles. Les cultivateurs, notamment ceux qui s’occupent de la récolte des haricots, hésitent à se rendre dans leurs champs, par crainte d’être attaqués. Face à cette situation, la société civile recommande aux habitants d’éviter les zones profondes, considérées comme à haut risque, en attendant un renforcement de la sécurité. Dalmas Nzingene insiste également sur la nécessité, pour les forces armées, de revoir leur stratégie opérationnelle.

« Aux responsables des opérations dans notre zone de revoir encore leur stratégie. Au commandant des opérations d’être toujours sur le terrain. Nous constatons qu’apparemment il est plus au bureau que sur le terrain. Il doit vraiment être sur le terrain, s’entretenir avec la population, s’entretenir avec les différents commandants qui sont en train de suivre le mouvement de l’ennemi pour enfin vraiment mettre en déroute l’ADF. Nous sommes en train d’apprendre qu’il y a des drones que l’on est en train d’utiliser pour bombarder les positions de la rébellion du M23. Mais ce même drone, pourquoi ne veut-on pas l’utiliser pour détruire également ces ADF qui ont endeuillé la population ? », s’est-il interrogé.

Cette désolation de la société civile intervient 48 heures après la tenue du conseil provincial de sécurité, présidé par le vice-gouverneur du Nord-Kivu à Oicha, réunissant chefs coutumiers, autorités politico-administratives et représentants de la société civile. L’objectif était de faire le point sur la situation sécuritaire et d’adapter les mesures pour protéger la population.

Laetitia Vusara

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2 + quatorze =