L’opposition congolaise accentue la pression pour s’opposer à la loi référendaire et à tout projet de révision de la Constitution. La coalition LAMUKA accuse les députés nationaux d’avoir franchi une ligne rouge après l’adoption de la proposition de loi sur le référendum. Elle estime qu’une telle démarche risque de balkaniser le pays, alors qu’une partie du Nord-Kivu et du Sud-Kivu reste sous le contrôle du M23. De son côté, l’opposant Moïse Katumbi appelle le chef de l’État à renoncer à tout projet de modification de la Constitution.
La tension politique continue de monter en RDC après l’adoption, par l’Assemblée nationale, de la proposition de loi fixant les modalités d’organisation du référendum. L’opposition, réunie au sein de la coalition Article 64, accuse le camp présidentiel de vouloir ouvrir la voie à un changement de la Constitution afin de se maintenir au pouvoir.
Après la journée « ville morte » organisée le 3 juin dernier, l’opposition appelle désormais à un sit-in devant le Parlement. Pour Prince Epenge, porte-parole de la coalition LAMUKA, aucun référendum ne peut être organisé alors qu’une partie du territoire national échappe encore au contrôle de l’État.
« Dès ce 12 juin, nous serons tous devant l’Assemblée nationale pour rappeler aux députés que le peuple congolais tient à sa Constitution. Aux députés, nous disons qu’aucun référendum ne sera organisé dans ce pays tant que le Nord-Kivu et le Sud-Kivu seront séparés de Kinshasa et du reste du Congo. La complicité de l’UDPS est aujourd’hui mise à nu. Le référendum est un moyen d’abandonner définitivement le Nord-Kivu et le Sud-Kivu aux amis de l’UDPS », a-t-il déclaré.
De son côté, dans une interview accordée à la DW, Moïse Katumbi s’oppose catégoriquement à toute modification de la loi fondamentale. L’ancien gouverneur du Katanga estime que le président Félix Tshisekedi doit revenir à la raison avant qu’il ne soit trop tard.
« La Constitution n’est pas une chemise qu’on peut changer à tout moment. Le président Tshisekedi lui-même a juré devant cette Constitution, devant la nation congolaise et devant Dieu. Et si vous avez juré devant le peuple, devant Dieu, et que vous voulez vous dédire, vous croyez que vous allez respecter même les accords avec les États-Unis ? Donc, si vous changez la Constitution, un accord, là, vous pouvez le jeter dans les toilettes. Moi, je crois que le président Tshisekedi doit revenir à la raison. Il n’est pas trop tard, parce qu’après, ça sera trop tard pour lui. Le président Kabila est sénateur à vie. Il sera le deuxième sénateur à vie », a-t-il démontré.
Depuis plusieurs mois, le débat sur une éventuelle révision ou un changement de la Constitution divise la classe politique congolaise. L’opposition, réunie au sein de la coalition Article 64, et la majorité présidentielle, regroupée dans l’Union sacrée de la Nation, se livrent un véritable bras de fer politique. Chacune des parties tente de défendre sa position sur l’avenir de la Constitution de 2006.
Sam Kitha D.