Alors que la reprise des cours s’annonçait pour ce lundi en territoire de Beni, les élèves de cette entité ont décidé d’entrer en grève dès ce mardi 21 avril 2026. Réunis en assemblée générale extraordinaire, ils se sont alignés sur la position des enseignants membres du Syndicat des Enseignants des Écoles Catholiques (SYNECATH). Ils conditionnent également la reprise des cours à la libération de deux enseignants emprisonnés à Kangbwayi et appellent le Syndicat des Enseignants du Congo (SYECO) ainsi que d’autres organisations à soutenir cette démarche.
Pourtant, les cours avaient timidement repris ce lundi 20 avril dans plusieurs écoles non conventionnées catholiques à Oïcha. Selon les constats sur le terrain, les élèves, bien qu’en nombre réduit, ont été encadrés dans certaines écoles, notamment à Mabalako, Balolu, Alfajiri, Kalimba ainsi que dans les écoles primaires Masosi, Manzali et Oïcha. En revanche, dans toutes les écoles catholiques, les enseignants ont maintenu le boycott des activités scolaires.
Dans l’après-midi, la Coordination du Comité des Élèves et Écoliers du Territoire de Beni (COCET-Beni) a réuni les membres de son comité. Les doyens généraux issus de différentes écoles ont pris part à cette rencontre. À l’issue des discussions, les élèves ont, à leur tour, déclenché un mouvement de grève, appelant à une mobilisation générale pour ne pas se rendre à l’école ce mardi.
« Nous, les élèves et écoliers du territoire de Beni, décidons d’accompagner nos enseignants du SYNECATH dans leur mouvement de grève qui revendique la libération de ses deux enseignants qui sont incarcérés dans la prison de Kangbwayi. Nous, élèves et écoliers du territoire de Beni, refusons d’aller à l’école pendant que nos deux enseignants sont en train de souffrir, et nous conditionnons la reprise effective des cours par la libération de ces deux enseignants. »
La coordination de la COCET-Beni, par la voix de son président Charité Kalume, insiste sur le respect strict de cette décision et appelle tous les élèves à rester mobilisés.
« La non-reprise des cours est effective partout dans le territoire. Les élèves ne doivent pas aller suivre les cours pendant que les enseignants sont en train de souffrir en prison. Dans le secteur de Ruwenzori, à Mutwanga, à Mangina, partout, les élèves ne doivent pas être en cours, vu que nos encadreurs sont en train de souffrir en prison. Que ce soit dans une école conventionnée catholique, protestante, une école officielle ou privée, nous n’irons pas à l’école. C’est la décision de l’assemblée générale demandant à la synergie des enseignants d’accompagner le SYNECATH afin de donner de la force à leurs revendications. »
Les élèves projettent une nouvelle assise samedi prochain afin d’évaluer les retombées de leur décision.
Pour rappel, ces deux enseignants de l’école primaire Litumbe, située dans la sous-division de Bulongo, sont détenus depuis près de deux ans. Ils sont poursuivis pour avoir administré des coups à un élève décédé par la suite, une version contestée par les syndicats des enseignants, qui évoquent plutôt des témoignages contraires de la famille de la victime.
Jean-Claude Mbafumoja