La commune d’Oïcha est de nouveau plongée dans le choc après les tueries de civils dans cette partie de Beni et Irumu. Ce chef-lieu du territoire de Beni est inondé de deuils depuis trois jours.
Ce vendredi, une dizaine de nouveaux corps ont été amenés, portant le total à une vingtaine, dont certains ont été acheminés dans leurs milieux d’origine sur les axes Oïcha-Beni-Butembo et Oïcha-Luna.
Presque tous les 6 quartiers de la commune d’Oïcha sont affectés par ces pertes en vies humaines. Toute la journée de ce vendredi, les familles passaient les unes après les autres pour vérifier les leurs parmi les corps déposés dans la salle des morts, comme ANINGIMONZI Paul qui a perdu 4 membres de sa famille depuis ces attaques.
“Ici à la morgue, nous attendons les corps : celui de maman, papa, ma sœur et mon beau-frère. Nous apprenons qu’il a aussi été tué. Ils étaient tous déplacés de guerre ici à Oïcha dans le site d’Oïcha 1er. Nous ne les avons pas encore trouvés. Nous sommes allés tenter de mener les fouilles, mais nous avons été refoulés suite à l’incertitude de la situation dans la zone. Nous ne savons pas s’ils sont morts ou pas. Mais la sœur qui était avec eux et qui a été relâchée a témoigné qu’ils ont été ligotés. Et il lui a été affirmé que ces personnes qui ont été ligotées sont aussi mortes. Mais on n’a pas encore vu les corps. Ils étaient au champ, à Mambume, après Beu Manyama“, a-t-il dit.
Le calme était revenu depuis plusieurs mois dans la zone attaquée, poussant de nombreux cultivateurs à reprendre leurs activités dans les champs. Cela accentue la crainte de plus d’une personne sur ce que sera le bilan de ces affres.
“Il y avait déjà une accalmie, et les gens étaient déjà nombreux dans les champs. C’est un regret. Et nos services doivent poursuivre ces assaillants. Mais tout était déjà calme et les gens étaient déjà dans leurs activités”, ajoute-t-il avec angoisse.
Des sacs ordinaires de récolte ont plutôt servi de sacs mortuaires pour transporter les corps sur les motos, de Beu-Manyama à Oïcha ou environs.
À leur arrivée ou lors de leur passage à Oïcha, l’émotion était intense dans le cœur des habitants. Sur les 20 corps visibles à la morgue d’Oïcha, dont 2 femmes, 9 ont été mis en terre sur l’organisation des familles respectives ce vendredi.
Dans différentes cellules et avenues, surtout aux quartiers Mabasele et Mbimbi, des tentes étaient installées çà et là pour les deuils.
Nganga Victor