Butembo : face à la flambée des cas d’Ebola à Katwa, la société civile santé appelle à l’adhésion à la riposte

La société civile santé du Grand Nord-Kivu multiplie les actions de sensibilisation dans la lutte contre la maladie à virus Ebola. Le président de cette structure citoyenne exprime son inquiétude face à la flambée des cas dans la zone de santé de Katwa, épicentre de cette épidémie au Nord-Kivu. Face à cette situation, la société civile santé insiste sur les séances de sensibilisation pour éradiquer cette maladie dans la zone.

Selon Arsène Vahwere, président de la société civile santé dans le Grand Nord-Kivu, la zone de santé de Katwa est présentée comme l’épicentre de la maladie à virus Ebola.

Cet acteur de la société civile déplore les comportements de certains habitants qui affichent une résistance face à l’existence du virus, ainsi que les attaques visant les intervenants dans la riposte contre Ebola.

Pour Arsène Vahwere, la population de Butembo doit tirer des leçons de la 10ᵉ épidémie et coopérer avec les équipes de riposte afin de renverser la tendance et contenir cette maladie.

« Nous souhaitons que la maladie soit vite éradiquée pour que nous ne mourions plus de cette maladie. Malheureusement, on observe un relâchement au sein de la population concernant l’adhésion aux activités de la riposte. La violence s’est accrue dans la zone de santé, et partout où l’on tente de parler des activités de la riposte, la population réagit violemment, allant jusqu’à pourchasser les équipes ou leur interdire l’accès aux sites où un cas a été notifié. Aujourd’hui, la zone de santé de Katwa est devenue le principal foyer de la maladie. Nous devons y faire très attention, car nos zones de santé sont contiguës. Je ne vois pas de différence entre une aire de santé et une autre. Cela veut dire que nous sommes tous à risque, d’autant plus que nous vivons dans la même ville et que nous menons les mêmes activités. La maladie est là, elle nous concerne tous, c’est nous qui en sommes les victimes. Adhérons donc aux activités de la riposte », a-t-il déclaré.

Pour faire face à cette épidémie, Arsène Vahwere insiste sur l’implication de tous les acteurs communautaires et invite la population à s’approprier la riposte. Il revient également sur les actions menées par la société civile santé afin d’aboutir à une riposte communautaire.

Par ailleurs, cette organisation citoyenne demande au gouvernement de renforcer les mesures de prévention et de sécuriser les équipes de riposte.

« Je lance une interpellation au gouvernement pour qu’il mette à disposition les moyens dans toutes les zones, surtout celles déjà affectées, et qu’il garantisse la sécurité des acteurs qui interviennent dans les activités de la riposte. Face à cette violence, nous organisons des émissions pour sensibiliser un plus grand nombre de personnes et nous planifions des dialogues communautaires et différents échanges avec toutes les couches de la population, en particulier les jeunes, afin que nous puissions nous approprier les activités de la riposte. N’entravons pas le travail des acteurs qui sont déjà mobilisés pour éradiquer cette maladie. Au contraire, aidons-les, orientons-les et prenons nous-mêmes des mesures locales pour nous protéger des infections qui conduisent à des décès dans nos familles », a-t-il lancé.

Au total, seize des 34 zones de santé du Nord-Kivu sont affectées par l’épidémie. Katwa demeure la zone de santé la plus touchée, avec plus de trois cents cas et plus de deux cents décès. Elle est suivie de Butembo et Beni, selon les statistiques de la riposte.

Nicole Kitambala

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