Dialogue national : Félix Tshisekedi exclut le M23 et « ceux qui combattent l’État »

Félix Tshisekedi, chef de l'Etat congolais. Ph. Tiers.

Le président Félix Tshisekedi fixe les limites de l’inclusivité du prochain dialogue national. Dans son adresse à la Nation, jeudi 27 août, le chef de l’État a exclu de ce processus les groupes armés, notamment le M23, ainsi que toute composante qui, selon lui, combat l’ordre constitutionnel, occupe des territoires par la force ou agit au service d’une puissance étrangère.

Pour Félix Tshisekedi, l’ouverture du dialogue ne signifie pas que les acteurs armés pourront accéder à la table des discussions en raison de leur capacité militaire. Il estime que la participation au processus doit rester conforme aux principes démocratiques et à la défense de la souveraineté nationale.

« L’inclusivité ne signifie ni l’effacement des principes, ni la confusion des responsabilités », a déclaré le président congolais.

Le chef de l’État assure toutefois qu’aucun Congolais ne sera écarté en raison de ses opinions politiques, de ses critiques, de son appartenance politique, de son origine provinciale, de sa langue, de son ethnie ou de sa religion.

Il établit cependant une distinction entre les acteurs politiques et ceux qui recourent aux armes pour faire valoir leurs revendications. Pour lui, prendre les armes contre l’État ne peut constituer un moyen d’obtenir une place particulière dans le dialogue national.

« Nul ne peut prétendre s’asseoir à la table de la nation tout en prenant les armes contre elle. Aucune arme ne conférera à son porteur un droit supérieur à celui que le suffrage reconnaît aux citoyens », a-t-il martelé.

Le président congolais exclut également de participer au dialogue, en qualité de composante politique, les acteurs qui, selon ses termes, « agissent au service d’une puissance étrangère », en faisant explicitement référence au Rwanda.

« Ne pourront donc pas participer à ce dialogue, en qualité de composante politique, ceux qui, à l’ouverture du processus, combattent par les armes l’ordre constitutionnel, occupent par la force une partie du territoire national, administrent illégalement des entités de la République ou agissent au service d’une puissance étrangère, en l’occurrence le Rwanda », a-t-il insisté.

Cette ligne rouge est fixée par le chef de l’État, alors que l’opposition congolaise réclame la participation du M23 et de l’ancien président Joseph Kabila à ce dialogue, afin d’aborder les causes profondes des crises qui secouent la RDC depuis plus de trente ans.

Sam Kitha D.

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