Ebola : plus de 700 millions de dollars de financements de la riposte à retracer, Africa CDC et le gouvernement exigent des comptes aux organisations partenaires

Plus de 700 millions de dollars annoncés par les donateurs internationaux pour financer la riposte contre Ebola en République démocratique du Congo restent à retracer. Le directeur général d’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, affirme que seuls environ 220 millions de dollars ont pu être retracés sur les 962 millions déclarés comme décaissés au profit des partenaires chargés de mettre en œuvre les activités de riposte. Il appelle à poursuivre les vérifications pour établir l’utilisation de ces fonds.

S’exprimant devant la presse kinoise en milieu de semaine, le responsable d’Africa CDC a expliqué que les recherches se poursuivaient auprès des organisations partenaires afin d’identifier les bénéficiaires des financements, les dépenses effectuées et les sommes encore disponibles.

« On est en train de rechercher plus de 700 millions. J’ai dit : à l’heure actuelle, j’ai un tableau, puisque je parle avec tous les donateurs au monde. Je sais, même pour celui qui a donné 200 000, j’ai un tableau qui me montre ce que les donateurs ont dit. Et quand j’ai dit « ont dit », cela signifie qu’ils nous ont envoyé des éléments précis : 962 millions de dollars déboursés par les donateurs vers les partenaires de mise en œuvre. On a pu retracer 200 et quelques millions. Il a été dit qu’à peu près 100 millions existent et n’ont jamais été utilisés », a déclaré le Dr Jean Kaseya.

Il a également insisté sur la nécessité de clarifier la différence entre les montants déclarés par les donateurs et ceux dont l’utilisation a pu être retracée auprès des partenaires.

« Donc ça fait 700 millions de dollars à rechercher et qui existent. C’est là le combat qu’on va faire et je peux vous dire qu’on ne va pas lâcher », a-t-il affirmé.

De son côté, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, rappelle que l’essentiel de l’aide internationale destinée à la riposte ne transite pas par le Trésor public. Ces financements sont directement gérés par des agences et des organisations non gouvernementales partenaires.

Il affirme que le gouvernement travaille avec Africa CDC pour recueillir les informations financières auprès de ces organisations et déterminer les montants reçus ainsi que leur utilisation sur le terrain.

« C’est pour ça que nous exigeons la traçabilité pour que nous puissions effectivement comprendre qui a reçu quoi et pour quel travail sur le terrain », a expliqué Patrick Muyaya.

Le porte-parole du gouvernement a également rappelé que l’État congolais avait débloqué 50 millions de dollars pour soutenir la riposte. Il estime que les autorités publiques comme les partenaires doivent rendre compte de l’utilisation des ressources mobilisées.

« Nous-mêmes, nous sommes redevables et nous souhaitons que tous les prestataires et partenaires puissent être en mesure de nous dire combien ils ont reçu de qui et comment ils l’ont dépensé. En tout cas, pour nous, la redevabilité est une obligation », a-t-il déclaré.

La traçabilité de ces financements remet ainsi au centre des préoccupations la transparence dans la gestion de l’aide internationale mobilisée contre Ebola en RDC.

Sam Kitha D.

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