Le nombre des morts suite aux attaques des groupes armés, surtout les ADF, ne cesse de s’accroître dans la province de l’Ituri. Une situation qui augmente davantage la vulnérabilité des populations, longtemps meurtries par l’insécurité. Un élu de cette entité provinciale estime à près de 900 le total des civils tués dans différentes incursions rebelles depuis janvier 2026.
Devant ses collègues à l’Assemblée nationale à Kinshasa, Gracian Iracan, élu de l’Ituri, est revenu sur le chaos humanitaire dans lequel vit la population. Il a dénoncé le silence du gouvernement central alors que les civils continuent de périr. Selon ses propres documentations, au moins 879 civils ont été tués depuis le début de l’année, principalement par les rebelles ADF.
« Nous sommes dans un chaos humanitaire actuellement en Ituri. Dans toute la plaine de Savon, à Djugu, toute la population vit en brousse. Parce qu’il y a eu des opérations qui ont fait en sorte qu’on a perdu 179 civils du 18 avril jusqu’aujourd’hui 11 mai. Et ça vient compléter les chiffres que j’avais avancés avant : près de 700 morts rien que pour l’année 2026. »
Le ministre de la Justice était également présent lors de son intervention. L’élu de l’Ituri a saisi cette occasion pour exiger l’ouverture d’enquêtes sérieuses afin d’établir les responsabilités et de punir les auteurs de ces crimes. Il s’inquiète notamment de la capacité des ADF à s’infiltrer jusque dans les zones habitées.
« Je demande au gouvernement de protéger la vie de la population. Le ministre de la Justice, ici présent, devrait nous aider à initier des enquêtes sur toutes ces violations. Parce que ceux qui meurent sont des civils, des enfants, des femmes. Il est important de savoir qui les tue et pour quelles raisons. On constate que les ADF s’infiltrent là où nous vivons, alors que nos services sont sur place. »
Par ailleurs, abordant la question de l’état de siège, Gracian Iracan a regretté le manque de collaboration entre les autorités, les élus et la population. Selon lui, cette situation ne favorise pas une réponse efficace à la crise sécuritaire. Il a ainsi appelé les dirigeants sous ce régime exceptionnel à renforcer la coordination pour faire face à la menace persistante des groupes armés.
Jean-Claude Mbafumoja