Lubero : retrait du M23 confirmé, mais des craintes de repositionnement persistent

Le retrait des rebelles du M23 de plusieurs villages situés au sud du territoire de Lubero (Nord-Kivu) a été confirmé par les autorités provinciales. Selon le gouverneur militaire, ce désengagement s’inscrit dans le cadre des négociations du processus de Washington.

D’après plusieurs sources locales, les combattants du M23 ont quitté des villages qu’ils occupaient depuis plus d’une année pour se regrouper dans les agglomérations d’Alimbongo, Kirumba et Kanyabayonga. Des mouvements similaires ont également été observés le long de la Route nationale numéro 2 ainsi que sur la côte ouest du lac Édouard.

Dans la zone de Kamandi-Lac, des déplacements de matériel militaire vers Vitshumbi, en territoire de Rutshuru, ont été signalés, renforçant l’hypothèse d’un redéploiement stratégique plutôt que d’un retrait total.

Contacté par Radio Okapi, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général Evariste Kakule Somo, a confirmé ces mouvements. Il précise que ce retrait est le fruit des engagements pris dans le cadre du processus de Washington et appelle la population au calme.

Sur la côte ouest du lac Édouard, le désengagement se poursuit notamment dans les villages de Vukununu, Lunyasenge et leurs environs. À Nukununu, les Wazalendo, alliés des FARDC, ont tenu un meeting jeudi 26 mars, au lendemain du départ des rebelles, pour rassurer la population sur la sécurité. À Alimbongo, situé à environ 50 kilomètres de Lubero-centre, des regroupements de rebelles ainsi que du matériel militaire ont été observés depuis jeudi dernier, selon des sources locales.

Malgré ces évolutions, les inquiétudes restent vives. La société civile de Kipese alerte sur un possible vide sécuritaire et craint un simple repositionnement des rebelles plutôt qu’un départ définitif. Elle appelle ainsi au déploiement rapide des forces régulières dans les zones abandonnées.

Dans certaines localités, des habitants signalent encore des mouvements suspects et redoutent un éventuel retour des combattants. À Katondi, à une quinzaine de kilomètres de Lubero-centre, des sources évoquent même la présence d’une barrière attribuée au M23 sur la Route nationale numéro 2.

Laetitia Vusara

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