De nouvelles négociations entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 ont débuté ce lundi 13 avril 2026 en Suisse. Les deux parties tentent de trouver une issue à la crise dans l’Est de la RDC, sous la médiation des États-Unis et du Qatar. Au pays, ces pourparlers suscitent des réactions contrastées. Si la société civile appelle à des concessions pour mettre fin aux souffrances des populations, certains acteurs politiques plaident pour plus de fermeté face aux exigences du M23.
Il s’agit du neuvième round de négociations entre les deux parties depuis le début du conflit. Les délégations de l’AFC/M23 et du gouvernement congolais se sont rendues en Suisse, où ces discussions se tiennent pour la première fois. Les travaux ont été lancés lundi, sous la médiation des États-Unis, représentés par un émissaire, et du Qatar, facilitateur du processus. Un représentant de la MONUSCO participe également aux échanges en tant qu’observateur.
Sur le terrain, les attentes restent élevées. La société civile du Sud-Kivu appelle à des résultats concrets. Son président, Josué Kayeye, exhorte les deux parties à faire des sacrifices et à privilégier l’intérêt des populations affectées par le conflit.
« Nous avons un seul message. Pour la paix, aucun sacrifice n’est de trop. Nous demandons aux parties d’avoir pitié des populations qui sont dans les zones occupées par les rebelles du M23. Que ce soit les rebelles eux-mêmes ou le gouvernement congolais, nous les prions d’avoir pitié de ces populations. C’est pourquoi nous lançons cet appel à prendre en considération la souffrance des populations dans les zones affectées par ces conflits, qui deviennent de plus en plus oubliées », a-t-il déclaré sur RFI.
De son côté, Maître Achille Kapanga, ancien maire de Beni, appelle les délégués du gouvernement à faire preuve de fermeté, notamment sur les questions sensibles liées à la souveraineté nationale. Cet acteur politique et notable de la région de Beni estime que les rebelles doivent se retirer des zones occupées sans condition, et rejette toute idée de brassage ou de mixage au sein des forces de défense et de sécurité.
« Pour moi, je pense que notre gouvernement, les délégués du gouvernement, doivent avoir une position ferme et leur dire que, concernant le brassage et le mixage, non. Certaines questions qui touchent aux valeurs républicaines, qui touchent notre Constitution, ne peuvent pas être acceptées. Parce qu’aussi longtemps que nous continuerons à donner à ces gens pareilles occasions d’entrer dans notre pays, d’occuper des postes stratégiques, de faire tout ce qu’ils veulent, c’est nous qui serons en train de nous fragiliser », a-t-il estimé avant d’ajouter : « J’encourage le gouvernement, dialoguer ce n’est pas mal, mais nous allons dialoguer autour de quoi pour aboutir à quoi ? »
Ces négociations interviennent dans un contexte sécuritaire toujours tendu. Sur le terrain, les combats se poursuivent et les deux camps s’accusent mutuellement de violations du cessez-le-feu, tandis que les populations civiles continuent de payer le lourd tribut de cette crise.
Sam Kitha D.
