Oïcha : 22 décès communautaires liés à Ebola, la coordination zonale de riposte plaide pour la gratuité des soins

Le Dr Essaïe Nzala annonce, ce 26 mai 2026, le premier cas positif de la maladie à virus Ebola dans la zone de santé d'Oicha. Photo : Samy Kitha / Radio Moto Oicha.

Les décès communautaires demeurent l’un des principaux défis de la riposte contre la maladie à virus Ebola dans la zone de santé d’Oïcha. Malgré la mobilisation des équipes médicales et des leaders communautaires, certains malades tardent encore à se rendre dans les structures de prise en charge, ce qui augmente le risque de décès et de propagation du virus. Face à cette situation, le coordonnateur zonal de la riposte appelle à la gratuité des soins pour faciliter la consultation précoce.

Au cours d’un entretien accordé lundi 12 octobre à Radio Moto, le coordonnateur zonal de la riposte contre Ebola a alerté sur les difficultés qui entravent la prise en charge des malades dans la zone de santé d’Oïcha. Selon lui, depuis la déclaration de l’épidémie, la zone de santé a enregistré 22 décès communautaires.

Le docteur Kasereka Nzala Esaïe indique que le taux de mortalité communautaire est évalué à 44 %. Il estime que la riposte ne pourra être efficace que si la population comprend l’importance de consulter dès l’apparition des premiers symptômes.

« Le message que je voudrais donner à la population, c’est que la situation est très grave pour nous. Sur les 49 cas enregistrés dans la zone, nous avons déjà enregistré 31 décès. Parmi ces 31 décès, 9 sont survenus au CTE, tandis que 22 sont survenus en dehors du CTE. Nous les appelons des décès communautaires ; il s’agit de porteurs de la maladie à virus Ebola. Comprenez que plus on reste longtemps dans la communauté, moins on a de chances d’être sauvé », a-t-il expliqué.

Dans plusieurs cas, les malades ou leurs familles hésitent à se rendre dans les structures sanitaires. Cette réticence peut s’expliquer par la peur de l’isolement, la méfiance envers les équipes de riposte ou encore les difficultés financières liées à la prise en charge.

Face à ces obstacles, le docteur Kasereka Nzala Esaïe plaide pour la gratuité des soins dans toutes les structures sanitaires. Selon lui, cette mesure permettrait de lever l’une des principales barrières qui empêchent certains malades de consulter à temps.

« La résistance ne nous aide pas lorsque la population ne veut pas collaborer. La deuxième cause, c’est peut-être la barrière financière. La barrière financière signifie qu’il y en a qui voudraient bien venir se faire soigner, mais qui, faute de moyens, commencent par s’automédiquer. Par rapport à ces deux causes dans la communauté, je dirais que la gratuité des soins dans toutes les structures pourrait nous aider à retrouver tous ces patients qui peuvent rester à la maison faute d’argent », a-t-il déclaré.

Le bulletin épidémiologique de la zone de santé d’Oïcha, présenté lundi 12 octobre par le coordonnateur zonal de la riposte, fait état d’un cumul de 49 cas confirmés, de 11 cas actifs et de 10 personnes sous surveillance, en attente des résultats de laboratoire.

Laetitia Vusara

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