Devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès ce lundi 8 décembre 2025 au Palais du Peuple, le président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi, a présenté son discours sur l’état de la Nation. La situation sécuritaire dans l’Est, les conditions sociales du peuple congolais, la justice ainsi que d’autres thématiques majeures ont été au centre de son intervention. Le chef de l’État a notamment dénoncé la violation du cessez-le-feu par le Rwanda.
Dès l’entame de son allocution, Félix Tshisekedi a rappelé que, malgré les multiples défis auxquels la RDC est confrontée, la Nation reste debout et résolument tournée vers l’avenir. Il a rendu hommage aux FARDC et aux combattants Wazalendo pour leur engagement dans la défense du territoire, avant de saluer la mémoire des victimes des violences persistantes dans l’Est du pays.
Revenant sur les récents accords signés à Washington entre la RDC et le Rwanda, le président a rassuré l’opinion que ces engagements ne consacrent aucun partage de souveraineté nationale. Il a insisté sur sa détermination à restaurer totalement l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.
« Malgré notre bonne foi et l’accord récemment entériné, force est de constater que le Rwanda viole déjà ses engagements », a-t-il déclaré.
Selon lui, des unités des Forces de défense du Rwanda auraient mené et appuyé des attaques à l’arme lourde depuis la ville rwandaise de Bugarama, provoquant des dégâts humains et matériels dans les localités de Kaziba, Katogota et Lubarika, au Sud-Kivu.
Le président a condamné ces actes qu’il qualifie de violation manifeste du cessez-le-feu. Il a tenu à préciser que les accords de Washington ne sauraient être interprétés comme une remise en cause de la souveraineté congolaise, ni comme une amnistie pour les crimes commis contre la population.
« Tant qu’un seul village, tant qu’un seul quartier, tant qu’une seule colline de ce pays restera sous la menace d’armes illégales, je considérerai que notre tâche n’est pas achevée », a-t-il insisté.
Ce discours intervient alors que la situation sécuritaire demeure critique dans plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où des affrontements persistent et aggravent une crise humanitaire déjà alarmante.
Laetitia Vusara