La société civile de Kipese dénonce une série d’abus qu’elle attribue à certains éléments Wazalendo installés dans cette partie du territoire de Lubero depuis le retrait des rebelles de l’AFC/M23 en mars dernier. Les forces vives appellent le Gouvernement congolais à identifier, encadrer et cantonner ces groupes armés afin de protéger les populations civiles et de restaurer l’autorité de l’État.
Dans une déclaration rendue publique le jeudi 30 juillet, la structure citoyenne affirme que des éléments Wazalendo, initialement déployés pour assurer la protection des civils, seraient aujourd’hui impliqués dans plusieurs pratiques qu’elle juge illégales.
Selon la société civile, ces abus comprennent notamment l’installation de barrières où les habitants sont contraints de verser jusqu’à 1 000 francs congolais à chaque passage, la mise en place d’une justice parallèle, ainsi que des arrestations arbitraires parfois accompagnées d’actes de torture.
Les forces vives dénoncent également l’imposition de taxes aux éleveurs, qui seraient contraints de payer une chèvre et 10 000 francs congolais par mois. Elles évoquent en outre des tirs à balles réelles qui entretiennent un climat de peur au sein de la population, ainsi que le recrutement forcé d’enfants dans certains groupes armés locaux.
La société civile cite également une opération menée le 25 juillet 2026 par des éléments du mouvement APADEC dans les villages de Vireri et Kahingira. Au cours de cette intervention, des habitants auraient été victimes d’extorsions d’argent et de bétail.
Face à cette situation, la société civile de Kipese demande au Gouvernement de prendre des mesures urgentes pour mettre fin à ces abus et rétablir pleinement l’autorité de l’État dans la région. Elle appelle également les responsables des groupes Wazalendo à libérer, sans condition, tous les enfants enrôlés dans leurs rangs, conformément aux engagements nationaux et internationaux en matière de protection des droits de l’enfant.
Laetitia Vusara