L’Angola a été officiellement mandaté pour conduire les consultations devant aboutir à l’organisation d’un dialogue intercongolais. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts régionaux et internationaux visant à ramener la paix dans la partie orientale de la République démocratique du Congo. La décision a été prise lundi 9 février 2026 à Luanda, à l’issue d’une réunion des chefs d’État africains consacrée à la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
Cette rencontre a réuni le président angolais João Lourenço, également président en exercice de l’Union africaine, son homologue congolais Félix Tshisekedi, le chef de l’État togolais Faure Gnassingbé, désigné médiateur de l’Union africaine dans la crise congolaise, ainsi que l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, représentant du panel des facilitateurs du processus de paix en RDC.
À l’issue des échanges, les participants ont confié à l’Angola, sous la conduite du président João Lourenço, la mission d’engager des consultations avec l’ensemble des parties congolaises concernées, en vue de créer les conditions nécessaires à la tenue d’un dialogue national inclusif.
Les participants à cette réunion ont également lancé un appel au gouvernement congolais et aux rebelles de l’AFC/M23 à déclarer un cessez-le-feu. Selon le communiqué conjoint ayant sanctionné la rencontre, la date et l’heure de cette trêve devront être fixées d’un commun accord entre les deux parties.
Parallèlement, les chefs d’État ont insisté sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre des mécanismes de vérification du cessez-le-feu adoptés lors des pourparlers de Doha, organisés sous l’égide de l’État du Qatar en octobre 2025. Ils ont en outre rappelé l’importance du respect des engagements pris dans le cadre de l’Accord de Washington signé en décembre 2025, ainsi que des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment celles relatives au retrait des troupes rwandaises du territoire congolais et à la neutralisation des FDLR.
Cette initiative diplomatique intervient alors que le président Félix Tshisekedi a récemment évoqué la tenue prochaine d’un dialogue national, tout en fixant certaines conditions. Des exigences qui continuent de susciter des réactions au sein de la classe politique congolaise, tandis que l’opposition et la coalition CENCO-ECC réclament, de leur côté, un dialogue national inclusif afin de renforcer la cohésion nationale face à la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays.
Laetitia Vusara
