Une table ronde consacrée à l’appropriation du génocide congolais s’est ouverte le lundi 31 mars à Kinshasa. Ces assises, qui se poursuivront jusqu’au 3 avril, ont été lancées par le président de la République.
Organisée par la Commission interministérielle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR), en collaboration avec le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), cette table ronde a permis à Félix Tshisekedi de dresser un bilan sombre. Il a dénoncé plus de 10 millions de morts enregistrés ces dernières décennies et a pointé du doigt le rôle du Rwanda et du groupe armé M23 dans ces tragédies.
« Notre peuple s’est engagé avec détermination dans une démarche mémorielle, répondant ainsi à un devoir sacré de vérité et de justice. À l’approche de la troisième commémoration prévue le 2 août 2025, il m’est apparu indispensable d’inscrire durablement dans notre mémoire collective cette tragédie injustement imposée à notre pays. Cette table ronde nous interpelle tous », a-t-il indiqué.
Le président congolais a également salué la tenue de ces assises, estimant qu’elles marquent une avancée vers la reconnaissance des crimes « atroces » commis en RDC, longtemps ignorés par la communauté internationale.
« Cette table ronde doit nous permettre non seulement de témoigner mais surtout de construire ensemble une stratégie nationale efficace pour obtenir la reconnaissance internationale du génocide commis sur notre sol », ajoute Félix Tshisekedi.
Pour Félix Tshisekedi, cette table ronde doit aboutir à l’élaboration d’une stratégie nationale visant à obtenir la reconnaissance internationale du génocide congolais. Il a annoncé la création d’un groupe d’experts chargé d’évaluer les préjudices subis et les pertes humaines enregistrées en RDC.
Ces travaux rassemblent des membres du gouvernement, des parlementaires ainsi que des représentants de toutes les couches sociales du pays. Leur objectif commun est de fédérer les Congolais autour de cette cause nationale et de poser les bases d’une reconnaissance internationale du génocide congolais.
Sam Kitha D.